Malika Boustol, les lettres d’une vie

Malika Boustol a ouvert son atelier en 2002.

Calligraphe professionnelle, Malika Boustol se situe au carrefour de plusieurs cultures. Si elle s’adresse aux particuliers, dans une large palette de prestations, elle intervient également auprès des collectivités et du monde de l’entreprise.

 À l’heure de l’omniprésence dans nos quotidiens de la virtualité à tous les étages et des échanges à vitesse grand V sur la webosphère, entendre les mots de Malika Boustol apaise  forcément. Personne empreinte de discrétion et de sensibilité, elle a trouvé par l’écriture le vecteur pour transmettre ses émotions, aimant prendre son temps, mesurant la valeur intrinsèque de toute chose. Tout commence à Commercy dont elle est native : «J’ai suivi des études devant m’amener à devenir couturière. Déjà, j’aimais le dessin, la peinture, la littérature et la mode anglaises des XVIIIe et XIXe siècles, le rock classique, la poésie, les beaux-arts, la photo.» Malika Boustol se découvre une passion pour la forme des lettres, au travers de ses créations de mode. «Je ne savais pas que cela s’appelait de la calligraphie. Un jour, j’ai cassé mon stylo à plume et tout est parti de là.» Fin des années 80. Elle effectue un voyage à Londres, fait un crochet par la ville de Shakespeare, près d’Oxford, en revenant animée d’une conviction : «Cela a été un déclic, comme si tous les morceaux du puzzle étaient assemblés.» Dès lors, elle va consacrer toute son énergie à la calligraphie. En 1995, elle arrive à Nancy, s’imprégnant de la haute valeur culturelle de la cité de Stanislas, densifiant son réseau, y apprenant la photo. Elle rencontre deux professionnels, Julien Chazal et Laurent Pflughaupt, calligraphes de renom, lesquels lui enseignent les préceptes du métier. De fil en aiguille, Malika Boustol lance son atelier en octobre 2002. Celle qui fit quatre ans du théâtre prend des accents d’évasion : «La musique et la poésie m’inspirent. Je suis imprégnée depuis toujours de cette culture anglo-saxonne et enthousiasmée par la période de la Renaissance italienne.»

Travaux pour les entreprises

 Si les particuliers font appel à son expérience et à ses compétences, pour des faire-part de naissance et autres événements commémoratifs, Malika Boustol s’est ouvert les portes d’une clientèle de professionnels. Elle travaille pour des entités publiques, comme la mairie de Lunéville, celle de Baccarat, la préfecture de Nancy. Musées, bibliothèques la sollicitent pour des livres d’or et artistiques. Attentive aux différentes techniques traditionnelles de la calligraphie et à ses évolutions contemporaines, elle intervient pour des artisans, des entreprises, dans la réalisation de logos, d’affiches, de cartes de visite, en-tête de courriers. Parfois, ses travaux prennent des formes inattendues, à l’exemple de cette fresque murale. Malika Boustol se fait pensive : «En fait, rien n’est impossible. Je me situe dans une expression intemporelle.» Pour saisir l’instant rare et précieux d’une inspiration, elle aime se réfugier dans des lieux repères, comme la brasserie de l’Excelsior à Nancy. On la voit par ailleurs dans des manifestations culturelles, des expositions, dont la Biennale internationale de l’Image, le Salon des Artistes lorrains ou la médiathèque de Nancy, décidément devenue sa ville de cœur. Malika Boustol espère créer un jour ses propres polices de caractères. Rembobinant le fil de sa vie, elle ne peut omettre un élément important à ses yeux : «Dans mon influence, le groupe pop britannique Talk Talk tient une place à part», pensant à son leader Mark Hollis, disparu tout récemment. Malika Boustol ou un destin écrit pas comme les autres.