Les loueurs de matériels en recherche de compétences

Les loueurs et réparateurs de matériels de BTP étaient en congrès national fin mars à Nancy sous l’étendard de leur fédération, le DLR (Distributeur, Loueur, Réparateur). À l’instar d’autres secteurs, ces professionnels doivent faire face aujourd’hui à un manque de compétences pour faire tourner leurs entreprises. Au niveau national, 1 500 à 3 000 postes sont à […]

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«Nous faisons face à d’importants problèmes de recrutement. Le phénomène est tout simplement exponentiel», assure Pierre Tilly, le président du DLR pour la région Grand Est.

Les loueurs et réparateurs de matériels de BTP étaient en congrès national fin mars à Nancy sous l’étendard de leur fédération, le DLR (Distributeur, Loueur, Réparateur). À l’instar d’autres secteurs, ces professionnels doivent faire face aujourd’hui à un manque de compétences pour faire tourner leurs entreprises. Au niveau national, 1 500 à 3 000 postes sont à pourvoir chaque année. Pour la seule région Grand Est, 170 postes, principalement de mécaniciens, sont aujourd’hui à la recherche de candidats.

Recherche collaborateurs et compétences presque désespérément ! Si l’ambiance dans les allées du salon du 54e Congrès national du DLR (fédération regroupant les loueurs et réparateurs de matériels de construction et de manutention) au centre de congrès Prouvé à Nancy, les 21 et 22 mars dernier, était plutôt avenante (il est vrai que le marché de la location de cette typologie de matériels s’affiche toujours au beau fixe), la problématique mise en avant par les instances de cette fédération est loin d’être dans la même veine. «Nous faisons face à d’importants problèmes de recrutement qui visent l’ensemble des acteurs de notre filière et cela depuis plusieurs années. Le phénomène est tout simplement exponentiel», assure Pierre Tilly, le président du DLR pour la région Grand Est (et président de la société Tilly Manutention dont le siège est à Woippy). «Rien que pour la région Grand Est, ce sont aujourd’hui 170 postes de mécaniciens spécialisés principalement qui sont à pourvoir directement. Au niveau national, ce sont près de 1 500 à 3 000 postes à pouvoir chaque année.» Les raisons ? Elles sont multiples. «Il existe indéniablement un manque d’image de nos métiers et surtout une méconnaissance auprès des jeunes générations. Les compétences, nous les recherchons, mais nous devons également pouvoir avoir les moyens de former les jeunes et les moins jeunes.»

Métiers non délocalisables                                    

La récente réforme de la formation professionnelle et de l’apprentissage qui donne un certain poids aux branches métiers apparaît aller dans le bon sens. «C’est certain mais cela ne va pas résoudre le problème immédiatement surtout que d’autres difficultés se greffent», allusion faite par Pierre Tilly, de l’annonce de la potentielle fermeture du centre Afpa de Faulquemont. «Ce centre est axé sur les métiers de la mécanique des engins de BTP, c’est un vivier pour nous.» Face à cette donne, histoire de tenter d’attirer des candidats dans leurs entreprises, ces professionnels mettent en avant «que les postes proposés sont en CDI et que ce sont des métiers non délocalisables.» Reste qu’à côté de cette image encore jugée négative de cette typologie de métiers, «certaines entreprises doivent également se remettre en cause dans leur approche managériale des jeunes générations et des autres d’ailleurs histoire qu’ils restent dans nos sociétés», comme l’assure Bertrand Carret, le président national du DLR. Les différentes conférences et ateliers du congrès étaient centrés sur cette nouvelle approche du recrutement, du management, de la gestion des ressources humaines. À l’instar de la quasi-totalité des secteurs d’activités, les loueurs de matériels de BTP et de manutention entendent prendre ce virage nécessaire pour continuer à faire tourner leur structure. «Nos problèmes de recrutements peuvent avoir des conséquences importantes sur le développement de nos entreprises.» Dans le Grand Est, ce secteur d’activité affiche les 1 100 M€ de CA pour près de trois cents entreprises et 4 620 salariés. Un poids économique et social indéniable qui serait dommageable de voir s’amenuiser