La pérennité des entreprises s’améliore

Selon une récente étude de l’Insee, les trois quarts des entreprises créées en 2014 sont encore actives trois ans après. Les sociétés résistent toujours mieux que les entreprises individuelles. La conjoncture économique plus favorable a aidé les nouveaux entrepreneurs de 2014. Parmi les 267 000 entreprises créées  au premier semestre de cette année là,  75 % d’entre […]

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Parmi les 267 000 entreprises créées au premier semestre 2014, 75 % d’entre elles (hors régime de l’auto-entrepreneur), ont passé le cap des trois ans.

Selon une récente étude de l’Insee, les trois quarts des entreprises créées en 2014 sont encore actives trois ans après. Les sociétés résistent toujours mieux que les entreprises individuelles.

La conjoncture économique plus favorable a aidé les nouveaux entrepreneurs de 2014. Parmi les 267 000 entreprises créées  au premier semestre de cette année là,  75 % d’entre elles (hors régime de l’auto-entrepreneur), ont passé le cap des trois ans, soit trois points de plus que celles lancées au premier semestre 2010. La pérennité d’une entreprise dépend aussi de plusieurs autres facteurs qui peuvent avoir des effets prépondérants sur les chances de réussite d’un projet.


Plusieurs facteurs impactants

En premier lieu, la pérennité d’une entreprise est conditionnée par son statut juridique. En 2014, 83 % des sociétés étaient toujours actives trois ans après leur création, contre 63 % des entreprises individuelles classiques. Mais, depuis 2010, cet écart s’est amplifié puisque les taux de pérennité à trois ans étaient, respectivement de 78 % et 62 %. Par ailleurs, les entreprises individuelles cessent aussi plus rapidement que les sociétés : 16 % des premières n’atteignent pas leur un an d’existence, contre 4 % pour les autres. Cette différence est particulièrement visible sur la première année d’activité. La poursuite de l’activité d’une entreprise est aussi intrinsèquement liée au secteur d’activité. Comme en 2010, les entreprises créées en 2014 dans l’enseignement, la santé humaine et l’action sociale sont les plus robustes : 83 % d’entre elles sont encore actives trois ans après leur création. La pérennité à trois ans est aussi forte dans les transports et l’entreposage (81 %) et les activités spécialisées, scientifiques et techniques (80 %). Ces trois secteurs représentent un quart des créations de 2014, soit deux points de plus qu’en 2010. Dans un contexte économique plus favorable, la pérennité à trois ans augmente aussi fortement, par rapport à 2010, dans le commerce, la construction et l’hébergement-restauration (soit + 6 points), qui concentrent la moitié des créations. Toutefois, leurs taux de pérennité restent faibles, en dessous de la moyenne.

La résistance des entreprises est aussi corrélée au montant de l’investissement initial. De facto, la durée de vie des entreprises de 2014, comme celles des générations précédentes, augmente avec les moyens financiers engagés au démarrage. Plus de 80 % de celles qui se lancent avec au moins 40 000 euros sont pérennes à trois ans, contre 64 % pour un montant initial de 1 000 euros. L’apport de départ varie aussi selon le secteur d’activité et le statut juridique : les sociétés démarrent avec davantage de moyens que les entreprises individuelles et certains secteurs nécessitent plus de capitaux, comme l’industrie ou l’hébergement-restauration, par exemple. Autre facteur important qui conditionne la réussite du projet entrepreneurial, celui de l’expérience du créateur. En effet, une entreprise aura plus de chances de poursuivre son activité si le dirigeant dispose d’une longue expérience dans le même métier. «Parmi les créateurs ayant une expérience d’au moins 10 ans dans le métier, 80 % sont encore actifs trois ans après la création de leur entreprise, soit cinq points de plus que la moyenne», note l’Insee. Enfin, le lieu de création de l’entreprise a aussi son importance quant au taux de survie. Selon l’Insee, plus une unité urbaine comporte d’habitants plus les chances de pérennité diminuent. La situation est assez édifiante sur l’agglomération parisienne. La concurrence représenterait le principal frein au développement.


Des entreprises pérennes satisfaites et qui recrutent

Parmi les entreprises créées au premier semestre 2014 et encore actives en 2017, 60 % se déclarent «satisfaites» de leur dernier exercice financier par rapport à leurs objectifs. En trois ans, leur chiffre d’affaires a augmenté pour 55 % d’entre elles, c’est 10 points de plus que pour la génération 2010. Enfin, côté effectifs, trois ans après la création, l’emploi reste stable, soit – 1 700 emplois, entre novembre 2014 et novembre 2017. Les créations d’emploi dans les entreprises pérennes (+ 47 000) compensent les pertes d’emploi dans celles ayant cessé leur activité (- 48 700), précise l’Institut de statistique.