Une couverture maladie européenne disparate

Au sein de l’Union européenne, les 28 États membres sont tous confrontés à la même problématique de la couverture santé. Si la France demeure une référence en la matière, il est intéressant de regarder les situations de plusieurs de ses proches voisins. L’harmonisation en la matière est encore bien loin. Le financement des soins de […]

417
La CEAM a été mise en circulation le 1er juin 2004.

Au sein de l’Union européenne, les 28 États membres sont tous confrontés à la même problématique de la couverture santé. Si la France demeure une référence en la matière, il est intéressant de regarder les situations de plusieurs de ses proches voisins. L’harmonisation en la matière est encore bien loin.

Le financement des soins de santé, à savoir la prise en charge des frais médicaux, dont les frais d’hospitalisation, les consultations des médecins, les médicaments, combinent dans la plupart des pays européens une prise en charge publique, une autre par une assurance maladie privée et des paiements directs laissés à la charge des patients. La place de l’assurance maladie privée dépend du niveau de prise en charge publique et des caractéristiques de l’organisation de ce système de prise en charge. Il peut s’agir soit d’un système national de santé étatisé (où les résidents peuvent recevoir des soins gratuitement auprès de professionnels ou de structures publiques : c’est le cas en Espagne et au Royaume-Uni), soit d’un système d’assurance maladie où les soins sont dispensés par des professionnels de santé libéraux payés à l’acte, comme en France ou en Allemagne. Dans les cas anglo-saxon et espagnol, les patients souhaitant avoir recours à une offre de soins privée doivent prendre entièrement à leur charge le coût de ces fournisseurs privés. En France, en Allemagne, le système de santé est fondé sur une couverture assurantielle obligatoire gérée par des caisses de droit public. Luxembourg, Pologne, Grèce, Belgique, Autriche ont opté pour ce système. En revanche, Suisse et Pays-Bas ont mis en place un système d’assurance maladie obligatoire pour leurs résidents et en ont confié la gestion aux assureurs privés, ces derniers se faisant concurrence.

600 organismes en France

Si dans la majorité des pays, le panier de soins pris en charge par la couverture maladie de base obligatoire est large, c’est plus restrictif en Suisse et en Espagne où les soins et prothèses dentaires sont exclus de ce champ. Relativement à l’assurance santé privée, c’est en France que l’on trouve la part de la population la plus fortement couverte : 96 %. Elle occupe la place la plus importante en termes de financement de santé avec une prise en charge de 13,4 % et un montant moyen de 460 euros par an et par personne couverte (250 euros en Allemagne pour 23 % de la population couverte et 1,5 % de la dépense totale en frais de soins). Le comparatif entre les deux pays appuie sur une autre différence. En France, le marché de l’assurance maladie privée facultative est majoritairement régi par des organismes à but non lucratif (mutuelles, entités de prévoyance, sociétés d’assurances mutuelles), même si des compagnies d’assurance à but lucratif exercent également une part de négligeable de l’activité d’assurance santé (15 %). En Allemagne, les sociétés à but lucratif (sociétés par actions) sont majoritaires sur le marché de l’assurance santé. Près de 600 organismes se partagent le marché en France contre 26 aux Pays-Bas où les 10 plus grands organismes assureurs détiennent 99 % du marché de l’assurance maladie privée (35 % pour le France, 66 % pour l’Allemagne, 90 % pour le Royaume-Uni). Derrière la couverture santé s’avance une autre problématique sur notre continent : le vieillissement de la population et la prise en charge de la dépendance.