Une réforme bien assurée…

Promesse électorale d’Emmanuel Macron, la réforme du «reste à charge zéro» connue également sous le dénominatif «100 % santé» est aujourd’hui en marche. Optique, dentaire et aides auditives s’affichent comme les premiers soins concernés entraînant une adaptation des assureurs complémentaires. Le tout provoquant bon nombre d’interrogations sur les réels impacts tarifaires de ce nouveau dispositif […]

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La réforme du «reste à charge zéro» entraîne un vaste bouleversement au sein de l’écosystème des complémentaires santé et autres mutuelles et assurances.

Promesse électorale d’Emmanuel Macron, la réforme du «reste à charge zéro» connue également sous le dénominatif «100 % santé» est aujourd’hui en marche. Optique, dentaire et aides auditives s’affichent comme les premiers soins concernés entraînant une adaptation des assureurs complémentaires. Le tout provoquant bon nombre d’interrogations sur les réels impacts tarifaires de ce nouveau dispositif notamment pour les entreprises.

Pour un service d’accès aux soins pour tous ! C’est l’un des grands chantiers du gouvernement et la réforme «100 % santé» connue également sous la dénomination «du reste à charge zéro» aujourd’hui en action (qui va se mettre en place progressivement jusqu’en 2021) s’affiche comme le fer de lance de cette équité sociale. Reste que sa mise œuvre a déjà fait l’objet de bon nombre de débats, montées au créneau et d’annonces en tous genres de la part du secteur mutualiste et des organismes de complémentaire santé. «Pour les assurés, le «100 % santé» est sans nul doute une avancée, car une frange importante de la population se trouve confrontée à des problématiques de reste à charge trop élevé. 17 % des Français aujourd’hui renoncent à des soins dentaires pour des raisons financières et cette proportion est encore plus élevée pour les équipements en audioprothèse», assure un directeur des assurances collectives d’un groupe bancaire dans une tribune parue sur le portail de nos confrères du journal Les Echos fin mai. «Et les complémentaires ont, de façon paradoxale, pu contribuer à ce phénomène d’éviction. La concurrence entre acteurs a conduit à développer des remboursements aux frais réels permettant de solvabiliser des tarifs toujours plus élevés. Les prix augmentant, les restes à payer se sont envolés tout particulièrement pour les Français disposant de couvertures les moins élevées. La réforme portée par le gouvernement apporte donc une réponse à ce véritable enjeu de société. » À l’origine de la mise en œuvre du «100 % santé» se trouve la fameuse LPP (liste des produits et prestations) définissant les prestations susceptibles de faire l’objet d’un remboursement de la sécurité sociale. L’optique, le dentaire et les aides auditives sont les trois principaux secteurs concernés par la réforme. Un peu logique, c’est là que les prix s’envolent le plus.

Dispositif vertueux

Une classification spécifique de ce type de soins a été élaborée définissant des catégories pouvant bénéficier du «reste à charge zéro». Quid pour les organismes complémentaires face à cette nouvelle donne ? Une adaptation nécessaire même si bon nombre assure déjà l’avoir anticipé et même en avoir fait leur véritable ADN. «Le passage au 100 % santé va impacter les équilibres tarifaires des contrats, mais avec des situations différentes en fonction du niveau de départ de la couverture souscrite par l’assuré ou l’entreprise. Les dispositifs dits «entrées de gamme» vont connaître une hausse des charges de prestations remboursées. À l’inverse, les contrats plutôt haut de gamme pourront connaître des baisses de coût», analyse un professionnel du secteur. «Le dispositif se veut vertueux car il introduit des plafonds et des prix limites de vente dans des domaines où les prix n’ont cessé de s’envoler au cours des dernières années.» Des principes, une agitation textuelle et législative et de nombreuses incertitudes caractérisent cette réforme. Un important travail pédagogique est en train d’être mené par les différents organismes de complémentaire santé. «Nos équipes sont prêtes et rencontrent nos différentes entreprises clientes pour renégocier leurs contrats afin d’adapter au mieux leurs garanties dans ce contexte», assure le directeur régional d’un groupe mutualiste. Argument de taille affiché : «Le «reste à charge zéro» est un atout managérial pour l’entreprise dans sa démarche RSE.» Un atout aujourd’hui, une obligation demain car en 2021 toutes les mutuelles et complémentaires d’entreprises seront concernées…