Le big bazar…

L’histoire aurait pu s’arrêter là. Fin 2017, le rideau tombait définitivement sur la droguerie Arc en Ciel à Nancy. Mais c’était sans compter sur le courage, ou l’inconscience diront certains, de Karine Claude. Déjà propriétaire de deux autres enseignes, elle n’a pas hésité à redonner vie à cette institution du commerce nancéien. La toute nouvelle […]

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Les vieux meubles vintage servent à la mise en scène des objets et des produits.

L’histoire aurait pu s’arrêter là. Fin 2017, le rideau tombait définitivement sur la droguerie Arc en Ciel à Nancy. Mais c’était sans compter sur le courage, ou l’inconscience diront certains, de Karine Claude. Déjà propriétaire de deux autres enseignes, elle n’a pas hésité à redonner vie à cette institution du commerce nancéien. La toute nouvelle Droguerie du Marché a déjà retrouvé ses fidèles clients et d’autres qui n’hésitent pas à pousser la porte de cette caverne d’Ali Baba.

Ici, Jacques Prévert se serait régalé. Il aurait pris le temps de parcourir les rayons un à un pour relever chacune des 10 000 références pour en faire l’inventaire dont lui seul avait le secret. Il faut dire que le lieu s’y prête. La Droguerie du Marché recèle bien des trésors. «Du shampoing à la peinture en passant par des casseroles ou des paniers, on doit trouver de tout dans une droguerie», souligne Karine Claude, l’heureuse locataire des lieux. À la tête de la quincaillerie de Saint-Max et de la Droguerie de la Craffe en Ville Vieille, elle n’a pas hésité longtemps avant de se décider à reprendre l’un des plus vieux commerces nancéiens fermé depuis le 31 décembre 2017. «Je connaissais le nouveau propriétaire de l’immeuble. Au début, il m’a contactée pour récupérer des vieux meubles, j’ai fini par signer un bail de location…», raconte-t-elle.

Un grand coup de balai

Karine Claude a surtout dû se retrousser les manches. La boutique était en effet plus que dans son jus. Mais fidèle à sa philosophie, elle a mis de côté tout ce qu’elle pensait pouvoir utiliser avant de se lancer dans les travaux. Finalement, seul l’escalier sera détruit. Les murs quant à eux ont été repeints en blanc. Pour le reste, Karine a réutilisé les vieilles enseignes en les disposant au-dessus des étagères ou tout simplement sur un mur. Elle s’est contentée d’un bon nettoyage du carrelage sans oublier de redonner une nouvelle vie à une partie du mobilier. Aujourd’hui l’entrée est ainsi délimitée par le comptoir débarrassé de ses couches de peinture et d’un meuble de grainetier retrouvé lui aussi dans les étages.

Tendance vintage

«J’aime les ambiances de style vintage. Je trouve cela rassurant», explique Karine Claude. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la formule fonctionne. La porte aussitôt poussée, notre regard est attiré par les présentoirs où savons, cirages et autres moules à gâteaux attendent sagement le client. Ce matin du mois de juillet, la boutique, à peine ouverte, fait le plein. Il y a les fidèles qui ne manquent pas de se faire connaître comme cette vieille dame qui s’arrête, comme ça en passant, pour faire connaissance avec la nouvelle propriétaire. «Je suis venue ici pendant des années acheter mes produits d’entretien. Je vais pouvoir revenir maintenant que c’est de nouveau ouvert» dit-t-elle en repartant. Il y a également ce monsieur, âgé d’une cinquantaine d’années, très élégant. Le costume bleu impeccable, il vient chercher un conseil «pour se débarrasser des mouches». Karine le dirige vers le «bon produit» tout en le rassurant «c’est le fléau de cet été. Nous nous sommes déjà retrouvés en rupture de stock». Karine Claude, aidée de ses vendeuses, prend le temps de répondre à chacun. «On fait du commerce. Il ne faut pas l’oublier» ajoute-t-elle de sa voix douce avant de repartir vers un autre client en quête lui de pigments pour peinture. Là encore, elle fera en sorte de répondre à sa demande avec son inamovible sourire.