Défaillances d’entreprises : un deuxième trimestre au plus bas

À la faveur des diverses mesures d’accompagnement, suite à la crise des «gilets jaunes», prolongées jusqu’à fin juin, le nombre de défaillances d’entreprises s’est replié ce deuxième trimestre, pour trouver des niveaux jamais atteints depuis 2008. Le dérapage des grosses PME reste toutefois préoccupant. Dans un climat social tendu, la situation s’annonçait compliquée. Mais, globalement, […]

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À la faveur des diverses mesures d’accompagnement, suite à la crise des «gilets jaunes», prolongées jusqu’à fin juin, le nombre de défaillances d’entreprises s’est replié ce deuxième trimestre, pour trouver des niveaux jamais atteints depuis 2008. Le dérapage des grosses PME reste toutefois préoccupant.

Dans un climat social tendu, la situation s’annonçait compliquée. Mais, globalement, les entreprises ont résisté. Sur le second trimestre 2019, d’après la dernière étude de la société Altares, le nombre de défaillances d’entreprises affiche un nouveau recul, de 3,1 % par rapport à même période de l’an dernier (après – 1 % sur les trois mois précédents), avec 12 347 procédures ouvertes. «Sur l’ensemble du territoire, les audiences n’ont pas connu les affluences redoutées quelques mois plus tôt», note Thierry Millon, directeur des études Altares, «les deux tiers des tribunaux terminent le second trimestre dans le vert». Dans le détail, les sauvegardes (209), qui représentent seulement 1,6 % de l’ensemble des procédures, affichent une baisse sensible de 11,8 %. Les liquidations judiciaires directes sont également en recul à – 4,4 %, pour atteindre 8 387. A contrario, les redressements judiciaires poursuivent leur hausse (+ 0,3 %, 3 751).

TPE-PME et jeunes entreprises, combinaison gagnante

D’après Altares, ce sont les microentreprises (de moins de trois salariés) et les grosses PME et ETI (entreprises de taille intermédiaire) qui restent les plus vulnérables. En effet, les premières enregistrent un nombre de redressements judiciaires en hausse de 5 %. Quant aux secondes, celles-ci accusent un net dérapage des défaillances, à + 62,5 % (soit 39 ou trois défauts, chaque semaine). Dans le même temps, le nombre de TPE en difficulté, qui représentent 94 % de l’ensemble des entreprises défaillantes, recule de 2,5 % par rapport à la même période de 2018. Mais ce sont les PME de 10 à 99 salariés qui suivent la tendance la plus positive à – 14,3 % (685). Par ailleurs, les jeunes entreprises de moins de trois ans sont les plus résistantes : leurs défaillances ont reculé de 8,8 %, en glissement annuel. Mieux encore, le nombre de liquidations directes baisse jusqu’à 11 %. Suivant la même tendance, les entreprises de 4 à 10 ans et celles de 11 à 15 ans sont aussi moins sinistrées, enregistrant des baisses respectives de 2,1 % et 4,8 % des défaillances. Quant aux sociétés créées il y a plus de 15 ans, celles-ci peinent à contenir la sinistralité (+ 0,3 %), en lien avec la vulnérabilité des grosses PME, ce trimestre. Preuve en est, les redressements judiciaires de cette catégorie augmentent deux fois plus vite que le repli des liquidations directes (+ 7 % contre – 3,5 %). Au niveau des conséquences sociales, le nombre total d’emplois directement menacés par les défaillances d’entreprises pour ce second trimestre est de 41 000, soit 1 200 de plus que sur la même période en 2018, relate Altares, qui cite les structures en redressement judiciaire avec, en moyenne, 5,6 emplois concernés, contre 4,4 un an plus tôt, soit un plus haut depuis 2015.

Orientation favorable dans la plupart des régions

Sur le plan géographique, les régions Nouvelle Aquitaine (- 2,4 %), Auvergne Rhône-Alpes (- 6,4 %), Occitanie (- 8,2 %) et Normandie (- 10 %) affichent un nouveau recul de la sinistralité des entreprises, comme chaque deuxième trimestre depuis 2014. Les Hauts-de-France enregistrent également un net repli (- 9,0 %). Par ailleurs, trois régions finissent leur deuxième trimestre sur une bonne note et ce, depuis près de quatre ans, à savoir la Bretagne (- 2,9 %), le Centre Val de Loire (- 16 %) et Pays de la Loire (- 6,4 %). En revanche, la situation est plus tendue en Bourgogne-Franche-Comté (+ 9,8 %), alors que celle-ci enregistrait depuis 2016 une baisse des défaillances chaque second trimestre. La région Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA) l’accompagne dans cette tendance à la hausse, mais dans une moindre mesure (+ 2,2 %). Enfin, la région Île-de-France, qui concentre le quart des défaillances d’entreprises, accuse une légère sinistralité (+ 0,8 %).

Commerce et bâtiment : mieux orientés

Sur le plan sectoriel, le commerce et le bâtiment portent encore près de la moitié des défaillances. Malgré ce constat, les deux secteurs s’inscrivent sur une tendance plutôt favorable. Celui de la construction comptabilise 3 218 défaillances, ce second trimestre, soit un recul de 2,4 % en glissement annuel. Les travaux publics (- 10,2 %) et le second œuvre (- 5,9 %) sont les mieux orientés. Dans le commerce, la tendance est également à la baisse soit – 4,7 % (2 672 entreprises défaillantes). D’autres secteurs s’en sortent mieux tels que la restauration (- 8,0 %, pour 1 267 entreprises défaillantes), ou l’industrie (- 7,2 %), portée principalement par l’agroalimentaire (- 15,4 %) et plus précisément la boulangerie (- 16,5 %), exception faite du secteur manufacturier, impacté par la nette dégradation de l’imprimerie (+ 58,3 %). Parmi les autres secteurs en souffrance, on note les services aux entreprises (+ 2,8 %, pour 1 606 entreprises), en particulier le conseil en communication et gestion qui plonge à + 10,3 % ; le transport et la logistique, de nouveau, dans le rouge avec des défaillances en hausse de 12,1 % pour le transport routier de marchandises (la moitié des acteurs du secteur) et de 20 % pour le fret interurbain. Enfin l’agriculture, dont la plus grande sinistralité se concentre dans l’élevage (+ 17,2 %) reste sous tension.