Les experts-comptables regardent vers le futur

Pour son 74e congrès, à Paris, l’Ordre des experts-comptables a invité ses membres à regarder vers le futur et les technologies numériques. 6 500 d’entre eux ont répondu présent. Une «profession vieillissante», des «compétences mal reconnues»… Le 25 septembre, à Paris, dans le grand amphithéâtre du Palais des congrès, la plénière du 74e Congrès de […]

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Les technologies numériques étaient au programme du dernier Congrès de l’Ordre des experts-comptables à Paris fin septembre.

Pour son 74e congrès, à Paris, l’Ordre des experts-comptables a invité ses membres à regarder vers le futur et les technologies numériques. 6 500 d’entre eux ont répondu présent.

Une «profession vieillissante», des «compétences mal reconnues»… Le 25 septembre, à Paris, dans le grand amphithéâtre du Palais des congrès, la plénière du 74e Congrès de l’Ordre des experts-comptables a démarré avec une vidéo qui jouait sur des points sensibles. Pour ensuite inviter les professionnels à se tourner vers le futur. Monté sur scène pour ouvrir officiellement le congrès, Charles-René Tandé, président de l’Ordre a invité à «découvrir ce qu’il est possible de faire aujourd’hui, et demain» avec la technologie. Car s’il entend l’inquiétude de ces professionnels, lui se veut optimiste : «La technologie est un extraordinaire accélérateur», a-t-il déclaré. Exemple, avec la plateforme de facturation électronique actuellement développée par le Conseil supérieur. Par ailleurs, couplée à  la technologie, la loi Pacte offre pour la profession «un formidable champ de développement de nos activités», a ajouté Charles-René Tandé. Au total, d’après les organisateurs, quelque 6 500 experts-comptables étaient présents cette année au congrès, un record de participation. Le signe que le thème choisi, «l’expert comptable au cœur des flux», parle à la profession. Il est de fait que la démultiplication des flux en entreprise, leur dématérialisation croissante, placent déjà les experts-comptables au cœur de ces problématiques. De plus, des technologies nouvelles, comme l’intelligence artificielle, interrogent l’avenir de la profession. «Quelle que soit la stratégie du cabinet d’expertise comptable, c’est la dimension humaine qui fait la différence», a voulu rassurer Sanaa Moussaid, vice-présidente du Conseil supérieur, en charge de la stratégie numérique, qui passait sur scène après un spécialiste de l’intelligence artificielle.

 Le bureau du futur est ouvert

Au-delà de la plénière d’ouverture, la dimension technologique imprégnait largement le congrès. Par exemple, avec des ateliers organisés sur le thème : «De la collecte à l’analyse, développer votre business intelligence expertise», ou plus basiquement, «DNS [déclaration sociale nominative], flux de données sociales : quelles sont les évolutions à venir ?» Un peu à l’écart, un petit «bureau du futur» abritait quelques start-up auteures d’innovations susceptibles de transformer le quotidien des professionnels du chiffre. Parmi elles, Daneel, fondée l’an dernier par Fabien Ducoudray, ancien tradeur. «J’ai rencontré Sanaa Moussaid au CES, le salon de l’électronique de Las Vegas. Elle m’a invité à venir. Nous avons développé un outil qui met la blockchain au service des experts-comptables», explique Fabien Ducoudray. L’un des outils de l’entreprise, Capbloc, développé avec la participation d’experts-comptables, devrait être commercialisé sous peu. Il est conçu pour permettre aux agents économiques, dont les experts-comptables, de gérer les actifs de sociétés, en réalisant toutes les opérations de transfert, cession, émission… La société commercialise aussi un autre produit qui peut intéresser les experts-comptables : un logiciel générateur de flux d’informations s’appuyant sur l’intelligence artificielle, ce qui permet de «distinguer le vrai du faux», promet Fabien Ducoudray. Autre entreprise présente sur le stand,  WeUp Learning. Fondée en 2012, celle-ci met au point des dispositifs de formation. «Par exemple, lors de changements législatifs, nous pouvons réaliser un mooc (cours d’enseignement diffusé sur Internet) pour diffuser ces informations auprès des experts-comptables», explique Laurence Villiers, directrice commerciale de l’entreprise. Laquelle a déjà réalisé des opérations pour des clients des secteurs de la banque et de l’assurance, confrontés à ce même type de problématique.

Multiplication d’incubateurs du chiffre

Cette année, en Île-de-France et PACA (Provence-Alpes-Côte d’Azur), les ordres régionaux  des experts-comptables ont ouvert des incubateurs : Inko à Marseille et Invest in Paris. Ce dernier accompagnera des start-up sélectionnées par des investisseurs, et qui proposent des solutions intéressantes pour la profession. Les candidatures débutent en octobre. Déjà, une centaine d’experts-comptables se sont désignés volontaires pour tester les outils.