Véronique Carrier, yogiste d’entreprise

Infirmière anesthésiste, Véronique Carrier construit son projet professionnel futur : enseigner le yoga dans la sphère entrepreneuriale. Son leitmotiv : que les dirigeants et collaborateurs de PME soient le mieux possible, physiquement et mentalement, sur leur lieu de travail. Une démarche ne devant rien au hasard, au regard de son parcours. «J’ai décidé d’être infirmière à l’âge […]

Infirmière anesthésiste, Véronique Carrier se dirige vers la yogathérapie.

Infirmière anesthésiste, Véronique Carrier construit son projet professionnel futur : enseigner le yoga dans la sphère entrepreneuriale. Son leitmotiv : que les dirigeants et collaborateurs de PME soient le mieux possible, physiquement et mentalement, sur leur lieu de travail. Une démarche ne devant rien au hasard, au regard de son parcours.

«J’ai décidé d’être infirmière à l’âge de 8 ans et j’ai tenu bon. L’un de mes formateurs m’avait dit «soigner est un acte d’amour». Il avait bien résumé la profession», se souvient Véronique Carrier. Le personnage, au ton de voix apaisé, dégage une empathie naturelle. Une trajectoire commencée par un Bac F8 – sciences et techniques médico-sociales, avant l’école d’infirmière à Laxou. Premiers pas aux urgences, en unité de soins continus, en médecine et chirurgie. Puis le bloc opératoire et le concours de spécialisation comme infirmière anesthésiste. Depuis 10 ans, Véronique Carrier est en poste à l’hôpital Saint-Charles à Toul. «Une vocation. Cela dépasse les gestes techniques et des connaissances théoriques sur les pathologies, la pharmacologie. Mes missions consistent, aux côtés du médecin anesthésiste, à l’endormissement du patient, la surveillance, l’anticipation de la période peropératoire, le réveil de la personne. J’ai aussi un rôle dans la prise en charge de la douleur en administrant les antalgiques, veillant à l’efficacité», détaille-t-elle. Une vision résolument humaniste, qu’elle veut porter sur une autre voie. «Après avoir fait de la danse très longtemps, voilà  10 ans, j’ai voulu reprendre une activité physique mais je cherchais autre chose que le seul mouvement, d’où mon intérêt pour le yoga. Il utilise la respiration, la méditation, la relaxation, et, par-dessus tout, il fait sourire, donnant une image positive de sa propre personne. Une pratique assidue apporte assez rapidement une sensation de relâchement et de détente.»

Bénéfique pour la vie de l’entreprise 

Le sens du projet de Véronique Carrier est de permettre à des salariés et dirigeants d’entreprises d’avoir une image plus positive d’eux-mêmes, d’être plus détendus, de soulager les douleurs articulaires ou autres. «On peut acquérir des techniques yogiques simples pouvant être mises en œuvre dans la journée, dans un bureau, un atelier, une salle de repos. Peu importe l’âge. Pas besoin d’être souple, le yoga aide à le devenir. Il est praticable par des publics en situation de handicap physique ou mental, aux porteurs de prothèses, atteintes de pathologies cancéreuses… » Afin de pouvoir enseigner le yoga et dispenser la yogathérapie, Véronique Carrier se forme actuellement à Metz dans une école ayant l’agrément pour être formation professionnalisante. Elle en est à moitié des 4 ans d’un cursus comportant 480 heures de cours, des stages, un examen, un mémoire. Anatomie, physiologie, pratique posturale, respiratoire, méditative, relaxante, philosophie et culture indienne sont enseignées. Véronique Carrier peut déjà intervenir en entreprise : «Mon objectif est de donner aux salariés une boîte à outils dans laquelle ils pourront puiser quand ils le jugeront nécessaire, pour une plus grande assurance et sérénité. Pour une entreprise, avoir des salariés en bonne forme physique et récupérant mentalement rapidement sera forcément bénéfique. Idem pour dirigeants et cadres, souvent soumis à un stress important. Ce projet est un tournant dans ma carrière mais reste dans le domaine du soin, en rendant l’autre acteur de son bien-être ou mieux-être.»

La santé au travail

Chaque année, Pros-Consulte, plateforme de prise en charge du stress au travail et de gestion des risques psychosociaux, publie un baromètre de la souffrance dans le milieu professionnel.

Parmi les motifs étudiés, les conflits, une trop grande pression, des dysfonctionnements managériaux nuisent à la santé des salariés et à la productivité de l’entreprise. En 2018, Pro-Consulte a enregistré 11 000 appels de personnes en situation de stress (7 000 en 2016). Dont 33 % de cadres. Âge moyen : 46 ans. 86 % des appels concernaient des femmes.