Des salariés satisfaits, mais épuisés et stressés

Heureux au travail, les salariés sont plutôt épuisés psychiquement et physiquement. Ce paradoxe a été dévoilé par la 11e édition du Baromètre santé et qualité de vie au travail, publiée le 18 septembre dernier, par Malakoff Médéric Humanis. Le bien-être des salariés au travail s’améliore, mais les risques psycho-sociaux progressent, c’est ce qui ressort essentiellement […]

Heureux au travail, les salariés sont plutôt épuisés psychiquement et physiquement. Ce paradoxe a été dévoilé par la 11e édition du Baromètre santé et qualité de vie au travail, publiée le 18 septembre dernier, par Malakoff Médéric Humanis.

Le bien-être des salariés au travail s’améliore, mais les risques psycho-sociaux progressent, c’est ce qui ressort essentiellement de l’enquête réalisée pour le groupe de protection sociale Malakoff Médéric Humanis. Selon l’étude, plus de 70 % des personnes interrogées se déclarent satisfaites de leurs conditions de travail. Ce résultat s’expliquerait par l’engagement des entreprises sur le sujet. En revanche, un salarié sur deux se dit épuisé suite à l’accélération des rythmes de travail. Sur l’échantillon retenu par l’institut Ifop, qui regroupe 4 552 salariés du secteur privé, 73 % annoncent qu’ils sont heureux au travail et 37 % se déclarent très satisfaits, soit une hausse de neuf points par rapport à l’année 2016. En outre, une large majorité (71 %) se disent contents de se rendre au bureau le matin, et même fiers de travailler pour le compte de leur entreprise (74 %), soit trois points de gagnés en un an. Les salariés montrent une certaine reconnaissance vis-à-vis des actions menées par leur employeur. Dans ce sens, 56 % d’entre eux considèrent que les firmes accordent une certaine  importance à leur bien-être, soit un sursaut de trois points par apport à l’année précédente.


Des rythmes de travail plus soutenus

En se référant au baromètre réalisé par le groupe de protection sociale, 46 % des sondés attestent de l’accélération de leur rythme de travail, au cours des 12 derniers mois, un chiffre en augmentation de deux points par rapport à 2018 et de cinq par rapport à 2015. Ce ressenti est davantage marqué chez les cadres et managers (respectivement, pour la moitié et 52 % d’entre eux). Et 30 % du panel estiment que l’activité de leur entreprise s’est intensifiée. Mais ce constat s’accompagne d’une fatigue physique, et aussi d’une pression psychologique accrue. En effet, plus de la moitié du panel (53 %) déclarent que les tâches exécutées quotidiennement sont physiquement épuisantes. Plusieurs facteurs peuvent aggraver cette situation, tels que le fait d’exécuter des gestes répétitifs (38 %), rester debout ou adopter une posture pénible (32 %) et porter des charges lourdes (19 %), en progression par rapport à l’an dernier. D’autre part, 70 % des interrogés trouvent que leur travail est stressant. Selon les réponses, la concentration sur de longues périodes (78 %) et, notamment, le travail sous pression (70 %) constituent les principales causes de fatigue intellectuelle.


Des cadres hyperconnectés

Autre problème prégnant, la porosité entre univers professionnel et vie privée, en particulier chez les cadres. Si près d’un tiers des salariés consultent leurs boîtes mails professionnelles le soir, c’est le cas pour 52 % des cadres, et, dans une moindre proportion, le week-end.  Ils sont aussi amenés à travailler à domicile en dehors de l’horaire officiel du travail (38 % contre, 23 % pour l’ensemble des salariés), mais aussi à rester joignables durant leurs congés, soit 57 % contre 44 % pour l’ensemble des salariés. Soucieux de leur état de santé, 52 % des salariés du panel affirment que la pratique du sport demeure la solution idéale pour gérer son stress. L’étude précise également que 21% de la population interrogée exercent une activité physique quotidiennement. Enfin, pour leurs trajets travail-domicile, 7 % des personnels optent pour l’utilisation du vélo, tandis que 16 % privilégient la marche à pied.