L’univers entrepreneurial en mode vigilance…

Après les réactions le 11 décembre, suite au discours du Premier ministre, Édouard Philippe, les manifestations (comme ici à Nancy le 10 décembre) pourraient s’amplifier entraînant alors plusieurs inquiétudes pour l’écosystème entrepreneurial local.

Grève nationale : quel impact pour les PME ? Comme l’an passé suite au mouvement des Gilets Jaunes, la CPME nationale a lancé quelques jours après la première journée de mobilisation contre la réforme des retraites, le 5 décembre, une enquête sur son portail web auprès de ses adhérents. Si les autres journées de mobilisation, notamment celle du 10 décembre, ont été beaucoup moins suivies, les interrogations demeurent sur la possible continuité des manifestations (déjà annoncées) jusqu’à Noël voire plus surtout depuis les réactions des principaux syndicats suite au discours du Premier ministre, Édouard Philippe, le 11 décembre. En Meurthe-et-Moselle, la CPME tout comme le Medef assuraient la semaine dernière que l’impact n’était pas présent. Leurs entreprises adhérentes n’étaient pas touchées en interne par des mouvements de grève. Reste à savoir si tout cela pourrait, ou a déjà changé ?

«Il ne faudrait pas que cela dur mais pour l’instant, il n’y a pas de réels impacts dans nos entreprises et sur notre territoire à la différence de la région parisienne. Nos membres ne se plaignent pas pour le moment. C’est le secteur du commerce qui est le plus impacté.» Le 9 décembre dernier, à la veille d’une nouvelle journée de mobilisation, Christine Bertrand, la présidente du Medef de Meurthe-et-Moselle était plutôt sereine mais affichait une certaine prudence sur l’évolution des différents mouvements sociaux liés à la réforme des retraites et sur leur impact sur l’écosystème entrepreneurial. Les choses semblent avoir tout de même un peu changé depuis ! Le discours fait par Édouard Philippe, le Premier ministre, à la mi-journée du 11 décembre, visant à apporter de la transparence et des réponses, voire des concessions, mais comme il l’assurait avant son intervention «ce n’est pas parce que je vais faire un discours que les manifestations vont cesser.» Bonne pioche ! À chaud, les principaux syndicats ont annoncé, dans leur ensemble, une déception par rapport aux annonces du Premier ministre. Conséquence directe, la mobilisation devrait donc se poursuivre même se renforcer. La preuve en est l’intersyndicale FO, CGT, FSU, Solidaires appelait à des manifestations et des actions locales le week-end dernier et un grand rassemblement à Paris prévu ce 17 décembre. À l’heure où nous écrivons ces lignes, rien ne laisse (encore) présager des impacts négatifs (même si certains ont déjà eu lieu, notamment, chez bon nombre de commerçants et en première ligne les hôteliers) pour l’univers de l’entreprise comme ceux enregistrés l’an passé lors du mouvement des Gilets Jaunes.

Colère hier, révolte aujourd’hui…

«Il n’en demeure pas moins que l’on se doit de rester vigilant sur l’évolution de la situation dans les jours à venir. Sur le sujet des retraites, plus personne n’y comprend rien. Il faudrait de la transparence et pas mal de pédagogie. Dans les différentes manifestations, ce n’est pas que le sujet des retraites qui ressort. L’an passé, c’était de la colère. Aujourd’hui, on approche plus de la révolte et de la haine», constate Alban Vibrac, le président de la CPME de Meurthe-et-Moselle. À l’instar de ses homologues du Medef de Meurthe-et-Moselle, le président de la confédération meurthe-et-mosellane assurait, la semaine dernière, «que le début du mouvement de grève n’impactait pas l’économie de nos entreprises membres. Certains commerçants assurent tout de même qu’il y a une certaine vigilance de la part des clients qui repoussent leurs commandes à plus tard.» Pas franchement d’inquiétudes et même selon le Medef de Meurthe-et-Moselle «pas d’enregistrement de mouvement de grève dans nos entreprises du privé», la semaine dernière. Depuis les choses pourraient prendre une tournure beaucoup moins optimiste pour l’univers économique et commercial. Comme le rappelait d’ailleurs bon nombre d’associations de commerçants et d’artisans de la région : «si les manifestations s’enchaînent encore pendant le mois de décembre, il est fort à craindre que ce mois, très important pour nous en termes d’activité, soit complètement plombé.» À l’instar de ce qui s’est déroulé l’an passé…