Énergies renouvelables: Le secteur s’affiche en facteur de croissance

© Anne DAUBREE Les représentants du SER (de gauche à droite) : Xavier Daval ; Rosaline Corinthien ; Jean-Louis Bal, président du SER et Bruno Bensasson.

Quelque huit milliards de ressources fiscales, 152 000 emplois… Le secteur des énergies renouvelables a présenté les effets bénéfiques de son activité, lors du récent congrès annuel du SER – Syndicat des énergies renouvelables – qui réunit ces professionnels.

La progression a été très limitée : entre 2018 et 2019, la part des énergies renouvelables dans le mix électrique en France est passée de 22,9 % à 23 %. Le 6 février dernier, à Paris, se tenait le colloque annuel du SER, Syndicat des énergies renouvelables, qui réunit les professionnels du secteur. Le moment est stratégique : avant que se termine la phase de  consultation publique du projet de PPE, la programmation pluriannuelle de l’énergie, qui fixe la trajectoire pour le mix énergétique et des moyens d’actions pour les dix années à venir. La PPE doit permettre d’atteindre les objectifs de la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte (LTECV). Lors du colloque, Jean-Louis Bal, président du SER, a présenté à la presse un état des lieux de l’activité du secteur et dévoilé les principales conclusions d’une étude du cabinet EY commanditée par le syndicat, sur le poids économique du secteur. Concernant l’activité de l’année écoulée, sur le sujet de l’électricité, «en 2019, la production électrique renouvelable a couvert 23 % de la consommation française, en dépit d’un été très défavorable à l’hydroélectricité», a expliqué Jean-Louis Bal. Au total, les parcs d’hydro-électricité, éoliens, solaires photovoltaïques et les bioénergies cumulées représentent 53 609 mégawatts de puissance installée en 2019. La tendance est à la hausse. Par ordre d’importance, c’est le parc hydroélectrique qui représente la première ressource. À elle seule, elle a couvert 11,7 % de la consommation. Suit l’énergie éolienne, qui en assure 10 % à fin décembre dernier, grâce aux parcs terrestres. Concernant l’éolien flottant, «il faut que le programme des Investissements d’avenir continue à aider le développement», prône Jean-Louis Bal. Restent les filières du solaire et des bioénergies électriques. La première couvre 2,5 % de la consommation électrique annuelle et la seconde en assure 1,6 %. Au global, la LTECV fixe l’objectif de 40 % de production d’électricité d’origine renouvelable en 2030. À en suivre le SER, le gouvernement pourrait aussi avoir d’autres motivations pour adopter une PPE ambitieuse.

Des emplois non délocalisables

L’étude «Évaluation et analyse de la contribution des énergies renouvelables à l’économie de la France et de ses territoires», réalisée par le cabinet EY, montre en effet un impact très positif du secteur qui représente 14 milliards d’euros, en 2019.  «Les retombées fiscales sont supérieures aux soutiens publics. L’activité génère une contribution nette pour l’État de 900 millions d’euros en 2019, et cela devrait augmenter», dévoile Jean-Louis Bal. D’après l’étude, le secteur reçoit 7,2 milliards de soutien, mais a contribué au budget public à hauteur de 8,1 milliards d’euros. Conclusion, d’après les analystes, un euro de soutien public dans les énergies renouvelables se traduit par 2 euros de valeur ajoutée. Et les territoires ont beaucoup à gagner au développement des énergies renouvelables, d’après le SER. Ils sont concernés par les retombées fiscales à hauteur de 1 milliard d’euros, en 2019. Par ailleurs, le secteur représente 152 000 emplois directs et indirects. Or, dans les dix ans à venir «plus de 80 % de la valeur économique sera générée en France» explique Jean-Louis Bal. Une part importante (60 % environ) des activités sont ancrées dans les territoires et difficiles à délocaliser, comme l’exploitation et la maintenance des infrastructures. Autre dynamique vertueuse relevée par l’étude : ces effets bénéfiques devrait s’accroître dans les décennies à venir, du fait de la maturité croissante des filières, ce qui amenuisera le montant des aides nécessaires. La bascule devrait s’opérer en 2025, quand le soutien public commencerait à décroître alors que la création de valeur ajoutée du secteur, elle, devrait continuer à progresser. Au total, en 2028, en suivant la trajectoire actuelle de la PPE, le secteur devrait représenter 21 milliards d’euros d’activité, 11,6 milliards d’euros de contribution au budget public et 236 000 emplois.

200 M€ pour les infrastructures de gaz renouvelable

Élisabeth Borne, ministre de la Transition écologique et solidaire, a annoncé la création d’un nouveau fonds (200 millions d’euros). Destiné à financer une centaine d’unités de méthanisation, il sera abondé par des acteurs publics et privés.