Technologies de demain du CES de Las Vegas : Les tendances clés à retenir

Crédit : Anne DAUBREE pour DSI David-Henri Bismuth, responsable de l’Experience Lab chez PwC Conseil, a décelé trois «tendances innovantes et inspirantes» au dernier CES de Las Vegas fin janvier.

Certaines transformeront la vie quotidienne, d’autres termineront aux oubliettes de l’histoire. Mais lesquelles ? Décryptage des nouveautés présentées au CES, le salon de l’électronique grand public de Las Vegas.

Pour les passionné(e)s de technologies, c’est l’«Événement» de l’année. Chaque début janvier, Las Vegas voit converger quelque 180 000  visiteurs venus du monde entier pour assister au CES, Consumer Electronics show. Consacré à l’électronique grand public, ce salon accueille 4 400 exposants qui présentent des gadgets qui ne survivront pas à la saison, mais aussi les usages ou les technologies susceptibles de modeler le monde de demain. Cette année, David-Henri Bismuth, responsable de l’Experience Lab chez PwC Conseil, a décelé trois  «tendances innovantes et inspirantes» au CES : la  «symbiotic of things», le «care everywhere» et un double mouvement parallèle de digitalisation du réel et du réalisme accru du virtuel. Le 31 janvier dernier, à Paris, au  Village by CA, la structure d’incubation de start-up  du Crédit Agricole, qui a accompagné certaines d’entre elles au CES, l’expert présentait ces tendances qui s’appuient sur une vaste palette de technologies : blockchain, cloud, contrôle vocal, machine apprenante, robotique, réalité virtuelle, 5G… Concernant la «symbiotic of things», le principe réside dans l’imbrication d’écosystèmes entre eux. L’incarnation la  plus spectaculaire de cette tendance est peut-être la Woven City de Toyota. Il s’agit d’un projet de ville, prévue pour surgir au pied du mont Fuji, au Japon, en 2024 ; 2 000 personnes – dont de nombreux salariés de l’entreprise – devraient y habiter. Un terrain de jeu de 71 hectares, pour les chercheurs en autonomie, maison intelligente… «Il y a beaucoup de facteurs dont on doit tenir compte, pour le véhicule autonome. Mieux vaut avoir l’environnement conçu pour», explique David-Henri Bismuth. Par exemple, dans la ville, les voies de circulation seront séparées en trois files, dont l’une réservée à des véhicules autonomes. Mais l’imbrication des systèmes se joue à tous les niveaux et dans tous les types d’écosystèmes. Alexa, l’outil d’intelligence artificielle d’Amazon, est intégré dans 100 000 objets. «Ils essayent d’être partout», commente David-Henri Bismuth. Quant à Samsung, il a présenté au CES une petite balle «Ballie», un robot compagnon («robotic companion») qui reconnaît les habitants de la maison, et contrôle chacun de ses équipements, du frigidaire à la température, en passant par les volets.

 Diagnostic médical permanent et humains virtuels

Deuxième tendance décelée par David-Henri Bismuth au CES, le «care everywhere». Il s’agit de prendre soin de soi, des autres et de la Planète. Des outils quasi médicaux deviennent à la portée de tous, pour détecter ou même soigner. Exemples : FoodMarble mesure la digestion et Binah.ai détecte le niveau de stress, ainsi que le rythme cardiaque. Facecode va jusqu’à soigner les points noirs sur le visage. «Certaines solutions provoquent le débat», note David-Henri Bismuth. C’est le cas de DnaNudge, qui propose de servir de guide d’achat alimentaire, en fonction de l’ADN de l’acheteur. D’autres outils permettent de prendre soin des autres, à l’image de Y-Brush : le dispositif aide à brosser les dents des enfants, très rapidement. Quant aux attentions pour la Planète, elles se concrétisent par exemple dans les «livingpackets the box». Ces emballages, réalisés avec du matériel recyclé, sont conçus pour être utilisés en circulant de particulier à particulier. D’autres solutions explorent des voies pour une agriculture moins polluante, à l’image de Dilepix qui reconnaît les mauvaises herbes, et émet des recommandations sur la juste dose d’engrais à mettre. Troisième tendance du salon, «la réalité devient plus digitale et le digital plus réel, mais cela restera deux mondes bien distincts», pointe David-Henri Bismuth. Ainsi, le réel intègre de plus en plus d’éléments digitaux, et devient de plus en plus connecté. Par exemple l’ Inkflow Fitt360, porté sur la tête, permet de capter des films à 360 degrés. À l’inverse, le digital devient de plus en plus réel. C’est le cas de Teslasuit, une tenue qui simule des sensations, comme celle d’un effort physique intense. «Elle est utilisée dans la formation aérospatiale, par exemple, pour entraîner les opérateurs en situation dangereuse, comme des opérations de maintenance», précise David-Henri Bismuth. Mais l’exemple le plus frappant ce sont peut-être les Samsung Neon, de chez Samsung, des personnages numériques à l’allure extrêmement réaliste. «Il est très difficile de les distinguer du réel», estime David-Henri Bismuth.