Un choix cornélien pour les entrepreneurs

Le secteur du bâtiment est l’exemple même du choix cornélien pour les entrepreneurs. Comment reprendre l’activité en assurant réellement la sécurité de ses collaborateurs ?

Prolongation du confinement et accélération de l’inquiétude des chefs d’entreprise de tous secteurs ! Si les mesures et aides de l’État commencent à se mettre en place avec plus ou moins de rapidité dans la région du fait de l’importance exponentielle des demandes, l’accompagnement et le conseil des différentes organisations patronales et consulaires tentent de faire face à cette situation inédite. Le tout avec cette question cornélienne pour bon nombre de secteurs de la reprise d’activité tout en assurant la sécurité des collaborateurs.

 «Tuer ses salariés ou tuer son entreprise.» La formule est cinglante mais bien réelle. Alban Vibrac, le président de la fédération du BTP de Meurthe-et-Moselle reprend ce titre de nos confrères de l’Est éclair de la semaine dernière pour résumer la situation où se trouve aujourd’hui les professionnels du bâtiment et beaucoup d’autres. À l’unisson, les différentes fédérations de ce secteur ont appelé leurs salariés à ne pas retourner travailler faute de moyens de protection suffisants. Un accord a été trouvé, au niveau national, avec le gouvernement stipulant une reprise d’activité au cas par cas. «Un accord a été trouvé mais rien n’est fait ! Un guide des bonnes pratiques est annoncé (réalisé notamment avec l’OPPBTP, l’organisme de sécurité et de prévention du secteur), mais cela ne changera pas grand-chose. Le chef d’entreprise est pris en tenaille, soit il reprend son activité mais encore faut-il qu’il est le matériel, notamment, de la part de ses fournisseurs mais surtout les équipements de protection individuelle adéquats à l’image des masques, soit il prend le risque de mettre en danger ses collaborateurs avec tout ce que cela entraîne d’un point de vue la responsabilité juridique et pénale et éthique. Personnellement au niveau de mon entreprise, nous avons écouté nos collaborateurs et personne ne va sur les chantiers.»

Entre le marteau et l’enclume

Du cas par cas où s’oppose aujourd’hui santé et vie des gens et rentabilité économique. Le choix ne devrait même pas être nécessaire. «C’est simple, nous sommes entre le marteau et l’enclume. Le plus important, c’est la santé de nos collaborateurs. La notion de télétravail est une bonne chose pour les entreprises qui le peuvent mais quand vous n’avez plus de commandes, le télétravail n’apporte pas les clients. En plus de la crise sanitaire, nous allons connaître par la suite une hécatombe au niveau des entreprises», stipule Franck Bersauter, le président de la CPME de Meurthe-et-Moselle. À l’instar d’autres organisations patronales comme le Medef 54, la confédération fait de son mieux pour répondre aux différentes interrogations et attentes des entrepreneurs. La Task Force mise en place par les trois chambres consulaires de Meurthe-et-Moselle et l’État dès le début de la crise fait de même, tentant de répondre au mieux. «Notre première mission est de faire le tri entre les différentes infos ensuite donner les bonnes et répondre aux interrogations de tous les chefs d’entreprise», assure François Pélissier, le président de la CCI Grand Nancy Métropole de Meurthe-et-Moselle. Les demandes se comptent en centaines. Reste ce flou au niveau de la continuité ou de la reprise de l’activité de certains secteurs. «On nous parle de poursuite des activités essentielles mais aujourd’hui toutes les activités sont essentielles. Vous avez un maillon qui manque dans la chaîne d’approvisionnement ou de production et c’est tout qui s’arrête. C’est d’une complexité sans fin. L’économie est frappé de partout», continue le président de la chambre consulaire. «Une chose apparaît certaine aujourd’hui. La crise sanitaire passera mais le champ de ruines économique derrière aura des conséquences dramatiques.»

La Métropole du Grand Nancy en soutien

Suspension des facturations de loyers et charges pour les entreprises, commerces, associations hébergées dans ses locaux, collecte de la taxe de séjour suspendue, construction d’un plan de reprise de l’activité (déjà engagé) avec les acteurs économiques. Ce sont quelques exemples de mesures prises par la Métropole du Grand Nancy en milieu de semaine dernière en complément des mesures instaurées par le gouvernement et la région Grand Est.