Il faut sauver le soldat auto

8 milliards d’euros viennent d’être annoncés par Emmanuel Macron, le président de la République, pour relancer la filière automobile.

Un plan de 8 milliards d’euros pour relancer le secteur automobile ! Prime à la conversion et aides à l’achat pour les véhicules électriques, hybrides mais également thermiques histoire de tenter de relancer le marché et d’écouler les stocks des constructeurs. Le tout avec un volet écologique fort. Le chef de l’État entend faire de la France la première nation productrice de véhicules propres en Europe. Un plan jugé historique qui, dans son ensemble, satisfait les différentes organisations professionnelles du secteur. Un secteur où près de 30 % des entreprises pourraient faire faillite.

«C’est plus un plan de survie pour nous, plus qu’un plan de relance !» Grégoire Mermet, le délégué régional du CNPA (Conseil national des professions de l’automobile) Grand Est, le sait très bien, le secteur automobile est en berne. 30 % des entreprises du secteur au niveau national et dans la région pourraient faire faillite «entre septembre et le début de l’année prochaine.» L’annonce, le 26 mai dernier par Emmanuel Macron, le président de la République, en déplacement à Étaples (Pas-de-Calais) dans l’usine de l’équimentier Valeo, d’un plan de 8 milliards d’euros pour relancer la machine est naturellement bien acceptée. «Surtout qu’au départ, ce plan de relance avait une très forte consonance véhicules électriques et hybrides. Les primes à la conversion annoncée concernent également aujourd’hui les véhicules thermiques.»

Fonds d’investissement

Indispensable pour ce professionnel de l’automobile, la quasi-totalité du parc dormant des constructeurs (plus de 400 000 véhicules sont stockés sur les parcs des constructeurs nationaux) sont des véhicules diesel et essence. «L’arbitrage pour que ces types de véhicules soient éligibles à cette prime à la conversion a été réalisé le matin même entre le cabinet de la présidence de la République et le CNPA. Il y a encore quelques jours, nous étions inquiets car les premières ébauches du plan de relance étaient surtout centrées sur les véhicules électriques et hybrides.» Les aides à l’achat (au total près d’un milliard d’euros) et les primes à la conversion concernent toutes les motorisations. «Le dispositif est plafonné à 200 000 primes distribuées et il prendra fin au 31 décembre 2020. C’est peut-être le seul critère sur lequel, nous pourrions émettre une critique mais au final, ce plan est plus que positif. Il fallait tout mettre en œuvre pour rassurer les vendeurs, les acheteurs et le marché en général.» Un marché que l’État souhaite voir électrique et hybride. «Il faut faire de la France, la première nation productrice de véhicules électriques, hybrides rechargeables ou hybrides.» Un fonds d’investissement de près d’un milliard d’euros sera mis en œuvre (200 000 euros de subventions pour aider les équipementiers et sous-traitants à se moderniser, 600 millions d’euros pour intervenir en fonds propres sur l’ensemble des entreprises de la filière, 150 millions pour développer l’innovation et la R&D). Reste à attendre le comportement des consommateurs…

Faillites en vue

30 % ! C’est le pourcentage des entreprises du secteur des services de l’automobile qui risqueraient la faillite dans les prochains mois à en croire une enquête du CNPA parue le 18 mai, une semaine avant les annonces du plan de relance du secteur. L’estimation est quasiment identique dans le Grand Est. «15 % des petites entreprises du secteur pourraient ne pas se relever dès le mois de septembre, pour les groupes, 15 % également pourraient être concernés dès le début de l’année prochaine», assure Grégoire Mermet, le délégué régional du CNPA Grand Est. L’estimation pourrait être revue à la baisse depuis le lancement du plan. Pas si sûr. «Il faudrait qu’il y ait un impact dès le mois de juin mais il est fort probable que les premiers effets ne démarreront qu’au mois de septembre. En plus il y a une variante sur laquelle personne aujourd’hui n’a de prise, celle de l’épidémie et de sa propagation mais également de la consommation. Les Français rachèteront-t-ils des véhicules ?»