«La médiation d’affaires est une solution pragmatique en ces temps de crise.»

«Parvenir à trouver un terrain d’entente via la médiation peut s’avérer beaucoup plus bénéfique qu’une victoire en justice», assure Olivier Karcher, médiateur d’affaires.

Explosion des saisines de la justice pour des conflits contractuels entre entreprises du fait de la crise actuelle ! À côté des conséquences économiques et sociales dévastatrices, les situations conflictuelles liées au non-respect d’engagements contractuels entre clients et fournisseurs vont se multiplier comme des petits pains. Encore méconnue dans l’Hexagone, la médiation d’affaires peut s’afficher non plus comme une simple alternative mais comme une solution pragmatique. Le point avec Olivier Karcher, pilote du cabinet de médiation OK-Médiation.

Les Tablettes Lorraines : La crise sanitaire et ses conséquences économiques vont mécaniquement entraîner des situations conflictuelles entre bon nombre d’entreprises. Le ressentez-vous aujourd’hui ?

Olivier Karcher : Ce que l’on remarque, c’est une explosion des saisines de la justice, notamment commerciale. Régler des conflits par la case justice est souvent la dernière des options que le chef d’entreprise doit envisager. Le principe de médiation d’affaires, encore trop peu connue en France, apparaît aujourd’hui comme une solution pragmatique.

Pourquoi ?
Tout d’abord, nous sommes dans une situation d’urgence. L’urgence de la reprise d’activité pour les entreprises et tout le monde sait que les délais de la justice sont longs. Cette dernière, déjà avant la crise du Covid-19, était submergée et cela ne devrait pas s’arranger dans les semaines à venir. La médiation est un process qui peut donner un résultat très rapidement.

Comment définissez-vous votre activité de médiation d’affaires ?

La médiation est une occasion pour des parties en conflit d’identifier les sources de ce conflit et de clarifier leurs intérêts dans le but de trouver ensemble des solutions qui leur conviennent. C’est un processus amiable dans lequel les parties sont libres de s’engager. Ce travail se fait dans un cadre précis et confidentiel sous l’égide du médiateur. Le médiateur est indépendant, impartial et n’impose aucune solution. Le médiateur n’est ni juge, ni arbitre.

Faut-il que les deux parties soient partantes pour jouer le jeu de la médiation ?

Dans bon nombre de cas, la justice stipule que certaines affaires peuvent être réglées via la médiation. Dans cette période actuelle de crise, le recours à la médiation est très utile car beaucoup d’engagements contractuels ne peuvent pas être tenus, cela va générer des conflits potentiels. Chacune des parties défend naturellement ses positions. L’idée est de défendre ce qui est important pour l’une et l’autre des parties. L’objectif est de permettre de se faire comprendre de l’autre sur sa situation et sur ses intérêts. Cette approche va permettre, si les parties le souhaitent, la restauration de leurs relations. Elles pourront alors coopérer pour construire sur mesure leurs solutions et leur accord.

C’est en fait une approche, disons plus humaine, du conflit ?

Souvent on pense, à tort, que les conflits entre entreprises ont comme raison principale, la notion d’argent. S’il s’avère que cela est souvent le cas, en termes de non-respect de contrats commerciaux, quand on commence à regarder ce qu’il y a derrière, ce sont souvent des causes beaucoup plus disparates.

Pensez-vous qu’avec la crise actuelle, la médiation va connaître un sursaut d’engouement de la part des chefs d’entreprise ?

Les conséquences de la crise du Covid-19 impacte d’une certaine façon et de la même manière toutes les entreprises. Bon nombre se trouvent avec des difficultés financières et leurs clients et/ou fournisseurs connaissent la même situation. Il est certain que des entreprises vont entrer en conflit les unes avec les autres mais il n’en demeure pas moins qu’elles ont en fait besoin l’une de l’autre, et encore plus aujourd’hui. Parvenir à trouver un terrain d’entente via la médiation peut s’avérer beaucoup plus bénéfique qu’une victoire en justice.

Médiation aux multiples facettes

Médiation commerciale et interentreprises pour régler les difficultés entre entreprises partenaires, clients, fournisseurs, concurrents. Médiation intra-entreprise et intra-institution pour régler les conflits entre associés, employeurs et employés. Médiation successorale pour gérer les difficultés au sein d’une fratrie, d’une famille dans le cadre d’une succession. Médiation de voisinage et de syndics de copropriété. Olivier Karcher intervient dans ses différents domaines via son cabinet de médiation, OK-Médiation sur tout la région Grand Est et l’Île-de-France. Plus d’infos sur le site : https://www.ok-mediation.fr/.