La vie en «vert»

Le feu passe au vert mais les voyants restent au rouge ! Édouard Philippe, le Premier ministre, a annoncé le 28 mai à l’issue du Conseil de défense la mise en œuvre de la deuxième phase du déconfinement histoire de «desserrer un peu plus l’étau», comme l’assure le gouvernement. Bilan des courses : le Grand Est passe au vert. Une demande pressante de la part de bon nombre d’élus régionaux et locaux à l’image de Laurent Hénart, le maire de Nancy. En début de semaine dernière, l’élu nancéien a envoyé un courrier au Premier ministre mentionnant notamment les distorsions entre les chiffres fournis par le Si-Vic (indicateur essentiel dans la classification des départements) et la réalité.  «La Meurthe-et-Moselle est décrite par la Sous-direction de la veille de la sécurité sanitaire (SDVSS) parmi les trois départements métropolitains en quasi-saturation avec un taux d’occupation de 82 % alors que le taux réel est de 60 %», assurait Laurent Hénart.  L’urgence économique était également mise en avant. «Étranglées par la chute d’activité brutale imposée par l’épidémie, nos entreprises, nos commerces, nos hôtels, bars et restaurants ne peuvent attendre davantage de semaines avant de reprendre une activité plus soutenue et d’accueillir de nouveau leurs clients.» Ouf de soulagement pour de nombreux entrepreneurs avec en première ligne les professionnels de l’hôtellerie et de la restauration qui vont pouvoir dès ce 2 juin rouvrir leurs établissements. Une bonne nouvelle mais l’euphorie est loin d’être présente. La réouverture devra se faire avec des normes sanitaires et des critères stricts de distanciation. Cette adaptation va, indéniablement, réduire la capacité d’accueil de clientèle. Bon nombre s’interrogent sur comment faire face pour rebondir avec une capacité d’accueil divisée par deux. Cette mise au vert, petite bouffée d’oxygène, ne pourra permettre d’endiguer la crise économique et sociale qui vient s’ajouter aux incertitudes de l’évolution de l’épidémie. Quelle que soit la typologie d’activité, de nombreuses questions demeurent en suspens et les annonces d’Édouard Philippe ont permis de rassurer mais pas réellement de lever le voile sur une myriade d’interrogations et d’inquiétudes que se posent les forces vives économiques de l’Hexagone. Pour bon nombre d’entreprises, le plus dur commence et cela devrait durer…