Les banques vont-elles résister ?

Acteur majeur de la reprise des entreprises en termes de financement, les banques sont loin d’être à l’abri des conséquences économiques liées à la crise sanitaire. Si les leçons de la crise financière de 2008 semblent avoir été tirées, l’ombre d’un impact fort plane sur l’un des secteurs moteurs de l’économie en termes d’emplois.

La pente risque d’être raide pour les banques ! Aujourd’hui en première ligne pour accompagner les différents plans de soutien mis en place par l’État pour relancer la machine économique, les organismes bancaires sont également dépendants de la santé économique de leurs clients-entreprises. «À l’instar de l’ensemble des secteurs d’activité, nous sommes dépendants de l’activité économique. Notre activité est proportionnelle à la santé de nos clients. Il est certain que dans les mois à venir plusieurs entreprises présenteront des problèmes et des défauts de paiement. Cela aura un impact indéniable sur les comptes des banques dès la fin de l’année et plus probablement au début de 2021», explique Bruno Deletré, le président du Comité des banques Grand Est de la Fédération bancaire française (FBF) (voir son interview au début de ce dossier spécial : ndlr). Un impact certain mis en avant il y a quelques semaines par le cabinet McKinsey. Ce cabinet de conseil en stratégie tire la sonnette d’alarme sur la possibilité de fonte des revenus des banques européennes à cause de la récession économique.

Règles prudentielles plus flexibles ?

«Depuis 2008 et l’impact de la crise à cette période, les fonds propres des banques ont largement augmenté pour affronter de nouveaux chocs», précise le président du Comité des banques Grand Est de la FBF. Reste à savoir si cela sera suffisant pour y faire face ? La Commission européenne a d’ailleurs adopté, début juin, une proposition permettant une flexibilité des règles prudentielles des banques de l’Union européenne afin qu’elles puissent ce concentrer sur les prêts à l’économie touchée par le Covid-19.  Si la récession en cours se prolonge, il est mécaniquement certain que les bénéfices et le capital des organismes bancaires soient affectés. Dans l’optique d’un ralentissement durable, les banques les plus impactées pourraient supprimer des dividendes aux actionnaires et être contraintes de lever des capitaux. À l’heure actuelle, tout cela n’est qu’au titre de prospectives mais déjà certains organismes bancaires ont d’ailleurs déjà annoncé un gel des embauches (pour mémoire, le secteur bancaire représente pas loin de 350 000 collaborateurs en France).