100 milliards sans artifice…

«Nous allons vers des mois durs et difficiles !» Cela a le mérite d’être clair. Le 14 juillet, Emmanuel Macron, le président de la République renoue avec la traditionnelle interview de ce jour de fête nationale. Reste que pour les flonflons du bal, cela attendra un peu, voire même longtemps. Le feu d’artifice, il faut le voir dans la batterie de mesures annoncées et décryptées (en partie) le lendemain par le nouveau Premier ministre, Jean Castex lors de sa déclaration de politique générale à l’Assemblée nationale. 100 milliards d’euros sont prévus pour relancer la machine France après avoir sorti un plan de sauvetage de pas loin de 450 milliards d’euros pendant le plus dur de la crise sanitaire. Un plan de relance massif à la fois industriel, écologique, local, culturel et éducatif. 40 milliards sont évoqués pour le seul secteur industriel avec «un allégement des impôts qui pèse sur la production», a assuré le nouveau chef du gouvernement le 15 juillet. Avec en toile de fond cette nécessaire souveraineté économique dont l’absence ces derniers mois a montré ses limites et surtout ses dangers. L’ère du patriotisme industriel est-elle réellement (re)venue ? Patriotisme et non nationalisme, «le patriotisme c’est l’amour des siens et non la haine des autres», comme l’a rappelé le président de la République. Huit milliards seront consacrés «pour le chômage partiel des entreprises confrontées à une baisse durable de leur carnet de commandes.» Près de 20 milliards iront pour la rénovation thermique et les technologies dites vertes, le bâtiment et les constructeurs automobiles devront retrouver un peu le sourire sous les masques (rendus obligatoirement dans les lieux clos dès cette semaine). Les perfusions nécessaires d’hier pour ne pas voir sombrer tous les pans de l’économie nationale sont toujours actives et la dose se veut beaucoup plus forte pour tenter d’entraîner, de créer une relance qui se fait attendre. Les soubresauts d’activité enregistrés ne sont que mécaniques car tout un chacun sait que cette donne doit être prise avec la plus grande précaution. Le plan de relance mis en avant est brandi comme un plan de conquête, de transformation, de mutation. Faire de la situation actuelle une opportunité pour changer (réellement) de modèle, facile à dire sur le papier…