Leçon du confinement : quel poste de travail idéal ?

Avec l’arrivée subite du confinement à la mi-mars, et le travail à distance, a ressurgi la question du poste de travail : Laptop (ordinateur portable) ou smartphone, ou tablette avec clavier ?

Dès la fin avril, les cabinets d’études l’ont bien noté. Ce sont les ordinateurs portables plus polyvalents (versatiles, en anglais) qui ont relancé un marché qui était à la baisse, selon l’institut Gartner. Après la crise du Covid-19, 48 % des employés continueront à travailler à distance au moins à temps partiel, contre 30 % avant la pandémie. Le cabinet IDC confirme un boom des ventes d’ordinateurs portables (laptops) ce deuxième trimestre, en raison du télétravail à domicile, notamment dans les secteurs banque-finance et les services publics. Il a fallu, dans certains cas, commander au plus vite des postes par dizaines ou centaines voire par milliers d’unités. Et lorsque, hors des grandes villes, l’accès Internet (du type ADSL) s’est avéré insuffisant, on a eu recours à des clés USB 3G/4G, sinon à des tablettes avec carte SIM intégrée. Au passage, beaucoup regrettent que les constructeurs de PC portables n’aient pas maintenu cette option d’une carte SIM 4G intégrée, comme dans les tablettes.

Windows ou MacOS ?

Les PC portables sous Windows ou les MacBook Air d’Apple restent donc très prisés pour le télétravail. Ils sont préférés aux smartphones pour les visioconférences, du fait de la possibilité de visualiser des documents. Les MacBook marquent des points pour leur réputation à démarrer très vite. D’ailleurs, des groupes comme Engie ou Aviva ont fait leurs comptes : si les MacBook coûtent plus cher à l’achat, ils nécessiteraient moins de support informatique et, donc, sur trois à quatre ans, coûteraient moins, d’autant qu’ils conservent une valeur à la revente. À la maison, les ordinateurs portables se révèlent également fort pratiques avec un kit oreillette (ou softphone) pour passer ses appels téléphoniques via Internet.

Les postes «clients légers» ou «virtuels»

Beaucoup d’organisations n’ont pas renoncé à utiliser des terminaux dits «clients légers» – constitués d’un écran, d’un clavier et d’un simple boitier – la puissance informatique était accessible par le réseau (cf. Wyse). Cette solution de postes «virtuels» (sur VDI, Virtual Desktop Infrastructure de Citrix, VMware, Microsoft…) présente l’avantage de pouvoir connecter, de façon sécurisée, toutes sortes de terminaux. On retrouve là le concept un peu oublié du BYOD (bring your own device : apportez votre propre matériel) – concept synonyme de risques de cyberattaques (utilisation de jeux en ligne, achats personnels en ligne sur des sites frauduleux, etc.).

Clavier et écran pour smartphone ou tablette

Bon nombre d’utilisateurs nomades – commerciaux, transporteurs – livreurs, personnels de maintenance, personnels soignants… – gardent une préférence pour le smartphone, voire la tablette, pour des raisons de poids et d’encombrement. Mais lorsqu’il s’agit de rédiger des rapports ou de saisir des données, les smartphones sont peu adaptés. On oublie la possibilité de leur adjoindre un kit clavier/écran ou dock (station d’accueil, socle de rechargement à l’origine). Ainsi, Samsung relance son DeX, un boitier compact (10 cm x 10 cm x 5 cm, pour 230 g) qui permet de brancher un écran (connecteur HDMI), un clavier, une souris, tout en intégrant un chargeur rapide et un connecteur Ethernet RJ 45. On peut choisir le mode miroir d’écran (report) de son smartphone ou le mode écran virtuel et ouvrir plusieurs fenêtres, pour diverses applications comme sur un PC portable. Parmi les options voisines, citons le Mirabook de la start-up française Miraxess, sorte de notebook sans processeur, pouvant dupliquer l’écran d’un smartphone. Il existe aussi des souris sans fil, des claviers repliables (Wish, Leotec, Jelly Comb…) ou des claviers touchpad très compacts (Drumstone), mais quasiment tous en Qwerty…

Les tablettes gardent leurs fans

Les tablettes, un peu passées de mode, conservent leurs fans : en complément, comme afficheur pour qui en a les moyens. Apple domine toujours avec ses iPad et iPad Pro qui sortent du lot (fonctionnalités, design, clavier Smart Keyboard, crayon électronique Pencil…). Les Galaxy Tab de Samsung constituent une alternative. Huawei propose des tablettes tactiles abordables (MediaPad). Parmi d’autres, citons Lenovo qui positionne ses produits plutôt sur la domotique (assistants virtuels Amazon Alexa ou Google Assistant).

Pierre MANGIN