L’artificialisation des sols en question

Histoire de stopper la consommation chronique des espaces naturels, le concept de ZAN (Zéro artificialisation nette) gagne du terrain dans le Grand Est.

L’artificialisation des sols ou leur occupation par des bâtiments ou des infrastructures. Depuis plusieurs années, tout est mis en œuvre pour tenter de minimiser cette conquête du foncier histoire de préserver les espaces naturels. D’après une récente enquête de l’Insee, 6 % du territoire du Grand Est sont «artificialisés.» La Moselle et la Meurthe-et-Moselle affichent un degré important d’artificialisation. Focus sur ces deux départements.

Limiter l’artificialisation des sols ! C’est l’un des leitmotivs  des pouvoirs publics pour tenter de limiter la consommation chronique des espaces naturels ou agricoles. Dans son enquête «Artificialisation dans le Grand Est et ses espaces de coopération transfrontalière» (parue fin juillet), l’Insee Grand Est constate que le phénomène progresse toujours mais à un rythme ralenti. Les premiers effets du concept de ZAN (voir encadré) commenceraient donc à se faire ressentir.

En Meurthe-et-Moselle

«En 2018, 7,6 % de la surface de Meurthe-et-Moselle est artificialisée, soit 40 100 ha (400 km²), ce qui en fait le 4e département le plus artificialisé du Grand Est et le 36e de France. Comme dans l’ensemble de la région, les terres agricoles occupent la majorité du territoire (59 %), suivies des forêts et terres semi-naturelles (33 %). Enfin, les eaux de surfaces et zones humides représentent moins de 1 % du territoire. L’habitat couvre 73 % des surfaces artificialisées, les zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication 21 %, le reste étant occupé par les espaces verts artificialisés (4 %, dont certains équipements sportifs), les mines, décharges et chantiers», constate l’Insee Grand Est dans son enquête. «L’artificialisation est particulièrement marquée au centre de la Meurthe-et-Moselle, notamment dans l’unité urbaine de Nancy qui représente 22 % des surfaces artificialisées du département. Au nord du département, le long de la frontière allemande, l’unité urbaine de Longwy rassemble 6 % des surfaces artificialisées. Le territoire s’est également artificialisé autour d’autres grandes unités urbaines comme Pont-à-Mousson, Toul ou encore Lunéville, mais de manière plus mesurée.»

En Moselle

«Avec 63 700 ha artificialisés (ou 637 km²), la Moselle est le département du Grand Est ayant la surface artificialisée la plus étendue en 2018. Celle-ci représente 10,2 % de la surface totale, ce qui en fait le 3e département le plus artificialisé du Grand Est et le 19e de France. Comme dans l’ensemble de la région, les terres agricoles occupent la majorité du territoire (58 %), suivies des forêts et terres semi-naturelles (30 %). La Moselle est le département du Grand Est où la part des eaux de surfaces et zones humides est la plus importante (1,4 %).», peut on lire dans l’enquête de l’Insee Grand Est. L’habitat couvre les trois quarts des surfaces artificialisées, les zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication 19 %, le reste étant occupé par les espaces verts artificialisés (3,5 %, dont certains équipements sportifs), les mines, décharges et chantiers.   «L’artificialisation est particulièrement marquée à l’ouest de la Moselle, notamment dans les unités urbaines de Metz et de Thionville, qui représentent respectivement 19 % et 9 % des surfaces artificialisées du département. Les surfaces artificialisées sont également importantes à l’est, le long de la frontière allemande, dans les unités urbaines de Forbach, de Saint-Avold et de Sarreguemines (14 %). Au sud, l’unité urbaine de Sarrebourg apparaît plus artificialisée que celle de Creutzwald, quoiqu’elle compte sensiblement le même nombre d’habitants (2,0 % des surfaces artificialisées du département, contre 1,7 %).»

La ZAN attitude

16 000 à 61 000 hectares en France passent chaque année de l’état d’espace naturel ou agricole à l’état de terrain aménagé. Histoire de tenter de stopper la consommation chronique des espaces naturels, les pouvoirs publics ont mis en œuvre plusieurs concepts pour tenter d’arrêter l’hémorragie. En première ligne, le concept dit de ZAN (Zéro artificialisation nette). «Les territoires sont invités à mettre en œuvre des actions permettant de réduire la consommation du foncier agricole, naturel et forestier de 50 % d’ici 2030 et de 75 % d’ici 2050, notamment en optimisant les potentiels de développement des espaces déjà urbanisés tout en respectant les principes de l’urbanisme durable», assure la région Grand Est dans son SRADDET (Schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires).Une donne qui entraîne une véritable remise en question pour les professionnels de l’aménagement du territoire.