Le Grand Est bien couvert mais…

Dans la région, trois salariés sur quatre de la rénovation énergétique sont des ouvriers.

Paradoxe de taille révélé par l’Insee régional dans une récente enquête parue fin juillet. Si la région Grand Est s’affiche bien couverte en termes d’établissements de rénovation énergétique labellisés RGE (Reconnu garant de l’environnement), il n’en demeure pas moins que cette présence de professionnels apparaît presque insuffisante par rapport au nombre important de ménages en vulnérabilité énergétique.

La rénovation énergétique, un secteur phare de développement pour le secteur du bâtiment et principalement dans le Grand Est ! L’affirmation n’est plus à faire et les chiffres divulgués par l’Insee régional dans son enquête sur le secteur (parue le 22 juillet) le confirme mais révèle un paradoxe de taille. Le titre de l’enquête en dit long : «Rénovation Énergétique : le Grand Est mieux couvert, mais pas au regard de la vulnérabilité énergétique». En somme, les entreprises sont bien présentes mais l’on serait tenté de dire pas en nombre suffisant pour faire face à cette quasi-urgence. D’après l’Insee, la part des ménages en vulnérabilité énergétique est plus forte dans le Grand Est (24,3% des ménages contre 16,1 % en France hors Île-de-France). Cette donne est liée notamment au climat plus rigoureux que dans d’autres régions. «Au regard du nombre important de ménages en vulnérabilité énergétique, la couverture est nettement moins bonne en termes d’entreprises qu’en France de province (47 Équivalent temps plein -ETP- pour mille ménages vulnérables dans le Grand Est contre 64). Le Grand Est est la deuxième région la moins couverte pour ses ménages vulnérables derrière les Hauts-de-France. La couverture régionale est très hétérogène, de 35 ETP pour 1 000 ménages en Moselle à 67 dans le Bas-Rhin, seul département du Grand Est mieux couvert que la France de province», peut-on lire dans cette enquête.

Disparités géographiques

Les établissements de rénovation énergétique représentent 1 % de l’ensemble des établissements de la région. «Au 31 décembre 2015, 4 670 établissements du Grand Est parmi ceux des secteurs de travaux d’installation électrique, de travaux de finition (pose de portes et de fenêtres entre autres) et des autres travaux de construction spécialisées (parmi lesquels les travaux de couverture ou de charpente) sont labellisés RGE (Reconnu garant de l’environnement) pour la réalisation de travaux d’amélioration énergétique», explique l’Insee Grand Est. «La rénovation énergétique emploie 26 240 salariés, soit 1,7 % des salariés de la région et rapportée au poids des trois secteurs d’intérêt (travaux d’installation électrique, travaux de finition et autres travaux de construction spécialisés), la rénovation énergétique est plus présente dans le Grand Est qu’en France en général hors Île-de-France.» Le Grand Est se place au 6e rang des régions, derrière les Pays de la Loire, la Bretagne, la Bourgogne-Franche-Comté, la Normandie et le Centre Val-de-Loire. Si le Grand Est apparaît disposer de ressources humaines et matérielles relativement plus importantes que la moyenne nationale (hors Île-de-France), les disparités géographiques au sein de la région sont importantes. «En Haute-Marne, un établissement sur cinq est labellisé pour la rénovation énergétique parmi l’ensemble de ceux des secteurs d’intérêts, plus d’un sur six dans les Vosges et la Meuse, mais moins d’un établissement sur dix en Moselle. Au sein de la région, la part des établissements de rénovation énergétique est la plus importante dans les Vosges et la plus faible dans la Marne.» La rénovation énergétique dans la région semble bien avoir ses fractures…

Ouvriers en force

72,5 % des salariés des établissements de rénovation énergétique du Grand Est sont des ouvriers. «C’est un peu plus que dans l’ensemble des secteurs d’intérêt (travaux d’installation électrique, travaux de finition et travaux de construction spécialisés», assure l’Insee régional dans son enquête «Rénovation Énergétique : le Grand Est mieux couvert, mais pas au regard de la vulnérabilité énergétique» parue le 22 juillet (disponible sur le site :  https://www.insee.fr/fr/statistiques/4635385). «À l’inverse, la part des professions intermédiaires et des cadres y est un peu plus faible.» À noter que dans le Grand Est, les salariés sont mieux rémunérés dans les établissements de rénovation énergétique quelle que soit la catégorie socioprofessionnelle. Le salaire médian des ouvriers de la rénovation énergétique s’élève à 1 740 € net.