Laurent Moisson, cofondateur des FFI, Forces Françaises de l’Industrie : «La prise de conscience d’investisseurs potentiels s’accentue»

© Violaine Carrère «Nous nous adressons aux porteurs de projets qui ont de l'ambition et de l'énergie. Nous nous positionnons sur le secteur de la «French touch», les restaurants, la mode, la déco, le design...», assure Laurent Moisson, cofondateur des FFI, Forces Françaises de l'Industrie.

Appliquer aux entreprises du Made in France les mêmes recettes que les start-up pour les faire grandir : c’est l’ambition des Forces Françaises de l’Industrie, lancée par un réseau d’entrepreneurs et investisseurs, à l’initiative de l’un d’eux, Laurent Moisson. La pandémie a à la fois entravé et favorisé son développement…

 [NDLR : entretien réalisé avant le reconfinement]

Comment a démarré l’aventure des FFI, Forces Françaises de l’Industrie ?

Tout le monde est prêt à s’indigner sur Facebook, mais qui finance la machine France ? En temps qu’entrepreneur qui a créé, investi, racheté des sociétés de service informatique, j’ai eu envie de m’investir pour favoriser les métiers qui créent de l’emploi. Avec Gilles Attaf et d’autres entrepreneurs encore, nous avons convergé pour nous mobiliser autour du Made in France. Au départ, en 2019, nous avons commencé à créer un club, pour réunir les personnes motivées, créer un réseau. Puis, devant le succès rencontré par l’initiative, nous avons rapidement décidé d’aller plus loin pour créer notre premier accélérateur pour PME Made in France. Notre mission ? Aider des entreprises à employer et former plus de personnes. Nous avons choisi le nom des Forces Françaises de l’industrie, en référence au mouvement de la Résistance, les Forces françaises de l’intérieur, qui a réuni tous les courants au service d’une cause, la Libération. Nous, sommes là pour embarquer tout le monde autour du mouvement de réindustrialisation.

 Qui sont ces entrepreneurs du Made in France et que peuvent-ils attendre de vous ?

Nous nous adressons aux porteurs de projets qui ont de l’ambition et de l’énergie. Nous nous positionnons sur le secteur de la «French touch», les restaurants, la mode, la déco, le design…  Toutes ces activités pour lesquelles la marque France peut représenter un plus. Nous n’allons pas sur la tech : les start-up disposent de suffisamment d’incubateurs en France. Mais nous fonctionnons sur le même principe, avec un écosystème composé d’un club, d’un fonds d’investissement, -le French Touch Fund-, et d’un accélérateur. L’objectif consiste à accélérer le développement des entreprises en les accompagnant grâce à  l’expertise des adhérents du club ou d’intervenants extérieurs (entrepreneuriat, finance, marketing…), avec des financements. Notre démarche est professionnelle et pragmatique. S’il existe un potentiel, nous investissons de l’argent et les entreprises qui se développent rémunèrent un mentor. Je crois aux valeurs, aux convictions, mais surtout lorsqu’elles s’alignent avec les intérêts.

À cause des couvre-feux, vous avez dû annuler des lancements régionaux. Est-ce la fin de l’aventure ?

Nous avons inauguré notre premier accélérateur, à Paris, en juin, juste à la sortie du confinement. Notre ambition était d’être présents dans une quinzaine de villes d’ici 2021. Mais le couvre-feu nous a obligés à suspendre les soirées de lancement de Lille et Lyon… Or, si les réseaux ne se réunissent pas, il est difficile de nourrir les accélérateurs ! Le déploiement physique régional se complique. En revanche, la prise de conscience d’investisseurs potentiels s’accentue et les levées de fonds s’accélèrent ! Après les deux premières, 500 000 euros, puis un million d’euros, nous sommes en train de lever trois millions d’euros. La pandémie a mis le sujet du Made in France au centre des débats. Pour un nombre croissant d’investisseurs, ou, simplement, de personnes qui souhaitent donner leur chance à ces entreprises, ce thème est monté dans l’ordre des priorités. Et nous allons poursuivre notre action. Y compris à l’international, en créant d’autres clubs que ceux que nous avons déjà créés en Espagne et au Portugal. Cela peut aider des PME à l’export, et aussi, mobiliser la diaspora autour du Made in France