Peut-on se passer de Google sur son smartphone Android ?

La présence des Google Play Services dans le système Android permet au géant américain de collecter des données d’utilisation. Mais ce n’est pas une fatalité.

La présence des Google Play Services dans le système Android permet au géant américain de collecter des données d’utilisation. Mais ce n’est pas une fatalité : ces flux peuvent être contrôlés et les applications de base remplacées par des alternatives plus respectueuses des données personnelles.

Dans le monde des smartphones, le constat est simple : nombre de données vous concernant iront soit chez Apple, soit chez Google. Si l’on peut espérer qu’Apple ne va pas exploiter les données personnelles de ses utilisateurs, nous pouvons douter de Google, qui vit essentiellement de la vente de publicités et cherche à vous connaître toujours plus. Tous les utilisateurs de smartphones Android sont – souvent sans le savoir – des clients de ce système mis en place par Google, quel que soit le fabricant de leur smartphone ou leur tablette. Des solutions existent, comme opter pour un Android AOSP de base ou un smartphone dépourvu des Google Play Services. Sans aller jusqu’à ces extrêmes, des manipulations simples permettent d’échapper à Google.

Étape 1 : trouver une alternative à Google Play

Se passer des services de Google, c’est, avant tout, ne pas rattacher le téléphone à un compte Google et ne pas utiliser Google Play. Toutefois, sans lui, impossible d’installer des applications sur votre smartphone. Une première solution consiste à télécharger le fichier d’installation de l’application désirée en passant par le site APK Downloader. Autre voie, les portails d’applications alternatifs. Entre ceux parfois peu regardants quant au contenu (Aptoide) et ceux qui vous espionneront probablement autant que Google (Amazon Appstore), le choix est difficile. Nous vous recommandons F-Droid, qui ne propose que des applications gratuites, «open source», tout en épinglant les défauts de certaines d’entre elles, en particulier en matière de respect de vos données personnelles.

Étape 2 : s’appuyer sur le Web

F-Droid est une voie sûre pour trouver et installer des applications non intrusives sur son smartphone, mais son catalogue reste limité. Toutefois, hormis pour les outils de base et les jeux, avez-vous besoin réellement d’applications Android ? Le «responsive web design» permet aujourd’hui de surfer sur des sites web comme Twitter, Facebook ou YouTube, avec une ergonomie adaptée aux petits écrans. Et les navigateurs web mobiles sont en mesure de créer des raccourcis vers ces sites web sur votre écran d’accueil. Il est donc aisé, par exemple, de remplacer l’application eBay par un raccourci vers le site d’eBay. Cependant, si vous optez pour le navigateur web Chrome, vous retomberez dans les bras de Google et sa télémétrie envahissante. Il est possible d’opter pour un navigateur web alternatif. Mozilla vient, par exemple, de livrer la nouvelle génération de son butineur Firefox sous Android. Bon point, il est compatible avec des modules complémentaires, dont uBlock Origin, le plus célèbre des bloqueurs de publicités et de systèmes de tracking.

Étape 3 : limiter les fuites de données

Se passer de Google Play est une chose. Mais d’autres services de Google sont présents. Pour chaque application de base que vous souhaitez désactiver, il vous faudra trouver une alternative : F-Droid pour remplacer Google Play ; AnySoftKeyboard en remplacement de votre clavier virtuel. Nous vous recommandons également les Simple Mobile Tools, capables de gérer les appels, les contacts, les SMS, les photos, etc. Une suite gratuite très complète, n’affichant aucune publicité et limitant au maximum l’accès à vos données personnelles. Même en choisissant avec soin toutes vos applications, des fuites de données restent possibles. Y compris en direction de Google, les services de la firme fonctionnant en tâche de fond sous Android. Aux grands mots, les grands remèdes : NetGuard va se charger de filtrer l’ensemble du trafic sortant. Ainsi, les applications indiscrètes pourront continuer à collecter des données, mais ne pourront plus les transmettre. Imparable.

David FEUGEY