Défaillances d’entreprises

Augmentation record chez les très petites entreprises

Les très petites entreprises ont connu une très forte augmentation de leur taux de défaillances ce dernier trimestre, d’après le cabinet Altares. Les plus grandes entreprises souffrent aussi. Et, au total, ce sont 53 700 emplois qui sont menacés.

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Les défaillances d’entreprises touchent beaucoup plus les petites structures.
Les défaillances d’entreprises touchent beaucoup plus les petites structures.
Les défaillances d’entreprises touchent beaucoup plus les petites structures.
Les défaillances d’entreprises touchent beaucoup plus les petites structures.

Au troisième trimestre 2014, la sinistralité des petits employeurs (un à deux salariés) a crû de 30%, par rapport à la même période de l’année précédente, d’après les analyses du cabinet Altares. Le spécialiste de l’information B to B a publié son étude sur les défaillances et sauvegardes d’entreprises, en France, le 14 octobre dernier. Ce troisième trimestre, sur plus de 13 000 procédures judiciaires engagées au total, 4 861 concernent les très petites entreprises. À ce titre, les TPE constituent la catégorie d’entreprises qui souffre le plus, représentant 38 % des défaillances, contre 29 % il y a un an. Et cette tendance prolonge celle du trimestre précédent. Pire, pour les trois quarts de ces entreprises, les jugements prononcés sont des liquidations judiciaires directes. Une autre catégorie d’entreprises est particulièrement concernée par les procédures : 43 entreprises de plus de 100 salariés ont déposé leur bilan, cet été, contre 26 l’été dernier. «Pour ces grandes sociétés, l’atonie de la conjoncture n’a souvent fait que révéler des faiblesses structurelles anciennes. Certaines avaient déjà tenté une réorganisation de la dette au travers de procédures de conciliation ou de sauvegarde, avant d’être contraintes de recourir au redressement judiciaire», explique le communiqué d’Altares. Pour les entreprises de cette taille, en revanche, c’est le redressement judiciaire qui est prononcé par les tribunaux dans plus de 80 % des cas. Entre ces deux types d’entreprises, l’évolution de la sinistralité des entreprises de taille intermédiaire constatée par Altares est beaucoup moins marquée. Et de fait, en excluant l’évolution des TPE, le nombre de procédures judicaires serait en baisse de 12 % ! En l’état, le chiffre global est quasiment stable ( -0,1 % entre le troisième trimestre 2013 et la même période de 2014). En revanche, les décisions de liquidation judiciaire directe, sans observation préalable augmentent. Altares en décompte 9 200, soit une centaine de plus que l’année dernière. Au total, les défaillances d’entreprises de ce 3ème trimestre menacent 53 700 emplois, soit un millier de plus qu’il y a un an.

Secteurs et régions inégalement touchés

Les différents secteurs d’activité sont très inégalement touchés, mais, en leur sein, ce sont à chaque fois, les plus petites entreprises qui connaissent le taux de sinistralité le plus élevé. Par exemple, dans le secteur du bâtiment, le nombre de dépôts de bilan a augmenté de 3,2 % par rapport à la même période de l’année précédente. Et 1 271 entreprises de un ou deux salariés sont concernées, soit 30 % de plus. Même tendance dans la restauration : globalement, le taux de défaillance a crû de presque 12 %. Mais 543 restaurants employant une ou deux personnes ont fermé, soit presque 30 % de plus. Chez les artisans de bouche (boulangers, pâtissiers…), c’est pire : l’augmentation est de l’ordre de 50 % pour les plus petites structures. Les secteurs du commerce et la réparation automobile aussi ont vu leur taux de défaillance globalement augmenter. En revanche, les activités interentreprises sont moins touchées (-4,6 %). Mieux, pour les métiers d’information et de communication, ou encore le transport routier de marchandises, les défaillances d’entreprises sont même en très nette baisse (respectivement -12,3 % et –8 %). Régionalement aussi, les situations sont très diverses. La Picardie connaît un recul de 10 % du phénomène ce troisième trimestre, qui poursuit une amélioration déjà entamée. Comme elle, l’Alsace, l’ Aquitaine, la Corse, le Languedoc-Roussillon et le Nord-Pas-de-Calais, affichent une évolution du même ordre. En revanche, Champagne-Ardenne, Franche- Comté, Lorraine, Rhône-Alpes et Provence -Alpes-Côte-d’Azur voient leur nombre de défaillances d’entreprises augmenter, tout comme la Basse-Normandie, la Bretagne, le Poitou-Charentes, le Limousin et le Midi-Pyrénées et l’Île-de-France.