Edito

La guerre des mondes…

Myriam El Komhri, la ministre du Travail, a visité une association d’insertion lors de son passage dans les Vosges le 18 mars dernier. Manuel Valls, le Premier ministre, était dans la Meuse, trois jours plus tard, pour le début des travaux de construction d’une usine de leds dirigée par un groupe chinois. Deux visites ministérielles […]

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Myriam El Komhri, la ministre du Travail, a visité une association d’insertion lors de son passage dans les Vosges le 18 mars dernier. Manuel Valls, le Premier ministre, était dans la Meuse, trois jours plus tard, pour le début des travaux de construction d’une usine de leds dirigée par un groupe chinois. Deux visites ministérielles dans deux univers qui continuent à se méconnaître. Celui des travailleurs précaires, des collaborateurs en attente de réponses et de celui de l’investissement, de la finance et de la mondialisation. Deux poumons qui doivent fonctionner simultanément pour faire battre le cœur de l’économie. Reste que les artères vitales semblent se scléroser de plus en en plus. La loi Travail, présentée en Conseil des ministres le 24 mars, remodelée afin d’apaiser les inquiétudes des uns et des autres espère changer la donne. La copie présentée est une version amputée des mesures qui fâchaient le plus. Reste à savoir si le consensus se fera autour de ce nouveau texte. La question qui se pose aujourd’hui est de savoir si le chemin économique emprunté, depuis des décennies, est encore le bon ? L’équation est pourtant simple ! Pour réduire le chômage, il faut créer des emplois et seule la prise en considération d’une nouvelle forme d’économie (participative, solidaire, écologique) et d’une redistribution des richesses peuvent y parvenir. Pour que les entreprises redémarrent, il faut de l’activité pérenne et saine et non pas celle des marchés et des secteurs où la concurrence se joue sur le «moins disant» et au coût le plus bas. Le système économique mute et son dysfonctionnement actuel n’est pas forcément le seul fait d’un Code du travail, sans doute imparfait, comme beaucoup de choses à l’heure actuelle.

emmanuel.varrier