Industrie

Rovel Technologies l’ADN export

Fondée en 2007, la société heillecourtoise Rovel Technologies a fait le pari gagnant d’aller conquérir des marchés hors du périmètre hexagonal. Rien d’un hasard : depuis plus de quarante ans, celui qui la pilote, Philippe Rovel, repousse les frontières dans le développement de ses affaires.  Un aventurier. Quand Philippe Rovel évoque son itinéraire professionnel, il […]

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Le savoir-faire de Rovel Technologies parcourt le monde.
Un récent chantier à Abou Dabi.

Fondée en 2007, la société heillecourtoise Rovel Technologies a fait le pari gagnant d’aller conquérir des marchés hors du périmètre hexagonal. Rien d’un hasard : depuis plus de quarante ans, celui qui la pilote, Philippe Rovel, repousse les frontières dans le développement de ses affaires. 

Un aventurier. Quand Philippe Rovel évoque son itinéraire professionnel, il le résume avec un terme qui lui sied si bien. À 63 ans, le chef d’entreprise à la tête de Rovel Technologies, a nourri une certaine philosophie et une analyse experte dans son domaine. Son fil rouge : s’adapter et innover. En somme, ne jamais se reposer sur ses lauriers quand le succès est là. L’industriel manie tout à la fois la courtoisie et la parole directe et aime mener une négociation sans intermédiaire. Philippe Rovel lance la société en 2007. Son créneau : la conception, la fabrication, la commercialisation de pièces, d’ensembles et de sous-ensembles de mécaniques finies pour les moteurs pneumatiques ou machines pour la sidérurgie. On se situe là dans l’industrie de pointe. L’appétence exportatrice de l’entrepreneur remonte à quelques décennies en arrière. Presque une passion d’existence. Il a été durant quarante ans directeur technique au sein d’entreprises dont le cœur d’activité était la conception de machines spéciales pour les aciéries. L’intéressé y revient : «En 1986, en relation avec des prestataires de service dans le secteur de la métallurgie, j’ai commencé à avoir mes premiers contacts en Europe puis aux États-Unis.» Les années 80 correspondent au déclin de la sidérurgie. En Lorraine en particulier. Cette désindustrialisation nationale, Philippe Rovel l’évoque avec quelques regrets mais note que cela l’a poussé à aller voir ailleurs.

Le savoir-faire de Rovel Technologies parcourt le monde.

La globalisation comme essor

Une opportunité qui va lui ouvrir de nouveaux marchés. La performance pointue de ses équipes, sur des marchés de niches très spécifiques, convainc une clientèle planétaire. Philippe Rovel, fort d’une riche expérience, vole de ses propres ailes : il crée Emc Conception, diversifie cette entité, puis met sur orbite Rovel Technologies. Depuis bientôt une décennie, l’entreprise s’est imposée comme l’un des acteurs incontournables dans son registre. Du bureau d’études à la fabrication jusqu’à l’après-vente, la chaîne de réalisation est rodée au millimètre et ne laisse rien à l’erreur. Techniciens et ingénieurs de Rovel Technologies composent un maillage de compétences complémentaires et reconnues. Si Philippe Rovel martèle souvent dans ses propos sur le terme «innovation», ce n’est pas un hasard. L’entreprise sort régulièrement de nouveaux produits répondant aux exigences des industries, que celles-ci soient liées au nucléaire, à l’aéronautique, à la chimie… Machines de découpe de plaques d’acier de grosse épaisseur et mécanisme de décapage de canalisations d’eau potable sont les plus récentes. Rovel Technologies, qui réalise 1/3 de son chiffre d’affaires à l’export, a des clients dans plusieurs états américains, Michigan, Alabama, Virginie mais aussi au Mexique et aux Émirats arabes unis. Analysant avec recul cette success-story lorraine, Philippe Rovel ne se dépare pas d’un certain flegme : «C’est beaucoup de travail, de remise en cause. Il faut connaître les normes, les spécificités des pays dans lesquels nous investissons. Cela passe aussi par le respect des mentalités dans les diverses collaborations et la primauté donnée à des produits de qualité.» L’une des pistes futures de Rovel Technologies pourrait être l’Asie. Philippe Rovel conclut : «Depuis bien longtemps, j’ai compris qu’il y avait un monde autour de la France ! À nous de bouger !

laurent.siatka