Le bioplastique, c’est fantastique

L’usine Schweitzer du groupe Sphere, basée sur le Dynapôle de Ludres-Fléville, vient d’inaugurer le 27 octobre sa nouvelle ligne de production de sacs bioplastiques pour la fabrication de sacs à usage unique conformes à la loi de Transition Énergétique pour la croissance verte en présence de Ségolène Royal, la ministre de l’Environnement. Au-delà de l’aspect […]

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L’usine Schweitzer du groupe Sphere, basée sur le Dynapôle de Ludres-Fléville, vient d’inaugurer le 27 octobre sa nouvelle ligne de production de sacs bioplastiques pour la fabrication de sacs à usage unique conformes à la loi de Transition Énergétique pour la croissance verte en présence de Ségolène Royal, la ministre de l’Environnement. Au-delà de l’aspect médiatique de la venue de la ministre, c’est toute une stratégie de développement et de philosophie d’entreprise qui a été mis en avant. Une stratégie basée, notamment, sur le «made in France» chère à John Persenda, le président du groupe Sphere
«On peut produire en France et être le leader européen !» À l’occasion de la venue de la ministre de l’Environnement, Ségolène Royal le 27 octobre dernier au coeur des locaux de l’usine Schweitzer du Dynapôle de Ludres-Fléville (voir notre précédent numéro), cette petite phrase de John Persenda du groupe Sphere, spécialisé dans les emballes ménagers, affichant 1 100 salariés répartis sur douze unités de production en Europe de l’Ouest et un chiffre d’affaires de 370 millions d’euros l’an dernier, en dit long sur la philosophie du pilote de ce groupe familial indépendant qui a repris l’usine Schweitzer il y a maintenant seize ans (voir encadré). Un made in France revendiqué mais surtout un made in France qui paye. Ce 27 octobre est à marquer d’une pierre blanche dans l’histoire du groupe, c’est ce jour que les nouvelles lignes de production de sacs bioplastiques à usage unique pour les fruits et légumes ont été inaugurées. «C’est l’aboutissement d’un long parcours en matière de Recherche et Développement.» Plus de deux cents brevets ont été déposés pour protéger cette conception et production de sacs composés de fécule de pommes de terre et de polyester végétal. Une composition écologique nécessaire pour répondre aux défis environnementaux que tout un chacun connaît. Un marché énorme rendu possible grâce à l’instauration de la loi de transition énergétique pour la croissance verte et son volet interdisant au 1er janvier 2017 l’utilisation des sacs en matières plastiques à usage unique. Une loi portée et défendue bec et ongles par l’actuelle ministre de l’Environnement.
Le BluePlast en vue
«Grâce à cette loi, nous avons pu investir sur nos fonds propres plusieurs dizaines de millions d’euros sur nos principaux sites français à Ludres en Lorraine, à Beauzac en Haute-Loire et à Ouville-la-Rivière en Normandie.» Le marché des sacs bioplastiques n’en est qu’à ses débuts et le groupe Sphere affiche une longueur d’avance indéniable. «Cela fait dix ans que nous produisons des sacs à base de fécule de pommes de terre sur Ludres. Nous avons tenu bon et avec l’évolution législative qui vient d’arriver, nous pouvons envisager le développement de cette nouvelle filière avec sérénité.» Le marché des sacs bioplastiques est estimé à 35 000 tonnes et afin de renforcer son positionnement, le groupe Sphere a monté un partenariat avec Publi Embal et ArtemBal (professionnels de la distribution de produits d’emballages à destination des professionnels) en créant ainsi la marque Végéos dédiée à la commercialisation de ces sacs conformes à la loi. Si l’avancée technologique est notable aujourd’hui, la R&D (Recherche et Développement) du groupe Sphere se poursuit et accélère. «L’enjeu environnemental majeur posé par les matières plastiques est depuis des année déjà au coeur de nos recherches. Il était de notre responsabilité de tout mettre en oeuvre pour relever le défi de la pollution aquatique par le plastique.» Le groupe vient de mettre au point le BluePlast, un sac bioplastique qui se dégrade dans les espaces marins. «Cela nous a demandé cinq années de recherche. Nous tentons de répondre à cette urgence écologique et nous sommes en phase d’y parvenir.» Un nouveau défi relevé par cet industriel engagé en attendant les autres…
emmanuel.varrier