Maître Frédéric Berna: Le droit de plaider

Il est sur tous les dossiers explosifs. Maître Fréderic Berna est l’un des pénalistes les plus en vue à Nancy. Pourtant, il est devenu avocat par hasard comme il aime le répéter… membre du barreau de Nancy depuis bientôt 18 ans, il s’apprête à devenir bâtonnier. Elu par ses pairs en juin dernier, il prendra […]

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Il est sur tous les dossiers explosifs. Maître Fréderic Berna est l’un des pénalistes les plus en vue à Nancy. Pourtant, il est devenu avocat par hasard comme il aime le répéter… membre du barreau de Nancy depuis bientôt 18 ans, il s’apprête à devenir bâtonnier. Elu par ses pairs en juin dernier, il prendra officiellement ses fonctions le 1er janvier prochain. Gare aux effets de manche !  

Maître Fréderic Berna n’est pas du genre à tourner autour du pot. Cela se voit au premier regard. En même temps, son physique ne donne pas vraiment envie d’aller le titiller. Il faut dire que l’homme a acquis une sacrée réputation à force de plaidoiries et d’acquittements. Assis dans un café de la place Stanislas, il a du mal à tenir en place, jette régulièrement un coup d’œil sur son portable ou autour de lui tout en prenant le temps de répondre aux questions. Comme tout avocat qui se respecte, il a le verbe facile et le sens de la formule. Ses études, sa carrière, sa famille sont autant d’éléments qui ont fait de lui l’avocat le plus réputé de la ville.

UNE ENFANCE DANS LA MEUSE

Né à Laxou le 21 janvier 1975, Fréderic Berna grandit dans la Meuse dans une famille de médecins. Sa mère est d’ailleurs la première femme à avoir été inscrite à l’ordre des médecins du département. Lycéen à Bar-le-Duc, l’adolescent ne sait pas vraiment quelle voie choisir. Élève moyen, «j’ai toujours assuré le minimum», raconte Fréderic Berna, il ne s’imagine surtout pas passer sa vie en blouse blanche. Son bac en poche, il s’inscrit à la fac de droit à Nancy «parce qu’il y avait de la place». Loin d’avoir un coup de foudre pour les études, il sait se mettre au vert avant les examens pour réviser non-stop et enchaîne grâce à une grosse capacité de travail, un deug, une maîtrise du droit des affaires avant de s’orienter vers un DEA. Or cette fois-ci le destin lui joue un tour dont lui seul à le secret. Faute de place en droit des affaires, l’étudiant Berna se rabat alors sur le droit public et s’oriente vers le pénal. L’ÉMINENCE NOIRE Fréderic Berna découvre alors les grandes affaires, les grands avocats, des profs passionnés et passionnants. C’est le coup de foudre. Son DEA validé, il s’inscrit à l’école des avocats de Nancy et en sort diplômé en 1999. Loin d’endosser sa robe noire, il revêt un autre uniforme le temps de son service militaire à l’école Saint-Cyr. Là aussi, il se fait repérer par sa verve et son culot. Égal à lui-même, il flirte avec les limites sans jamais franchir la ligne blanche. Revenu à Nancy, Maître Berna fait la rencontre qui va booster sa carrière. Il est débauché par le très médiatique Gérard Michel. Le jeune avocat frappe fort et remporte ses deux premiers procès aux assises. Il accepte alors de défendre le frère de l’ex-ministre de la justice Rachida Dati. Gérard Michel ne lui pardonne pas. Les deux hommes se fâchent et Fréderic Berna décide de monter son propre cabinet avec l’un de ses copains de fac. Sa réputation est faite. Il hérite des plus gros dossiers. Il parle avec passion de la justice, de son métier, de ses clients pas toujours très fréquentables. «Toutes les causes sont défendables. On doit entrer dans l’humanité de chacun» souligne-t-il. Cinq minutes avant de plaider, il ne sait pas forcément par quoi il va commencer. Fréderic Berna sait en revanche que lorsqu’il enfile sa robe noire, rien ne l’effraie. «On est au service de nos clients. Ce n’est pas l’avocat qu’on Maître Fréderic Berna va prendre ses fonctions de juge» conclut-il.