L’optimiste qui n’osait pas l’être

À cinquante ans et quelques poussières, Stéphane Terreaux aurait pu continuer à exercer une fonction qu’il maîtrisait sur le bout des doigts. Mais c’est mal connaître l’homme qui n’a jamais hésité depuis le début de sa carrière à tout remettre en question pour éviter de sombrer dans l’ennui. Désormais facilitateur d’intelligence collective, il accompagne des groupes […]

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Stéphane Terreaux est aujourd’hui facilitateur d’intelligence collective.

À cinquante ans et quelques poussières, Stéphane Terreaux aurait pu continuer à exercer une fonction qu’il maîtrisait sur le bout des doigts. Mais c’est mal connaître l’homme qui n’a jamais hésité depuis le début de sa carrière à tout remettre en question pour éviter de sombrer dans l’ennui. Désormais facilitateur d’intelligence collective, il accompagne des groupes et des entreprises qui veulent s’organiser pour mener à bien de nouveaux projets. Mais où qu’il soit, quoi qu’il fasse, il défendra toujours les valeurs auxquelles il croit : celles de l’humain.  

Pendant douze ans, il a fait tous les jours, ou presque, le même chemin. Son vélo sous le bras Stéphane Terreaux a pris le train à Pont-à-Mousson pour Nancy avant de rejoindre sur son fidèle deux roues, le domaine de l’Asnée, terre d’accueil du Secours Catholique à Villers-lès-Nancy. Délégué permanent pour la Meurthe-et-Moselle, il a appris à écouter, à observer pour ensuite répondre au besoin de chacun. Pourtant, un jour, cette fois, pas celle du divin à laquelle il sera toujours fidèle, mais celle qui nous incite à nous lever le matin pour accomplir notre tâche s’est envolée. «Je me suis retrouvé sans énergie, sans envie», raconte Stéphane. C’est comme s’il ne trouvait plus sa place au sein de cette structure qui l’a vu grandir, changer pour devenir celui qu’il est aujourd’hui. «Je ne remettrais jamais en cause mes douze années passées au sein du Secours Catholique. J’ai eu un accueil incroyable. Je ne garde que des bons souvenirs», conclut-t-il.

Une première reconversion professionnelle

Stéphane Terreaux a malgré tout bien préparé sa sortie. Il a pris le temps de réfléchir à «l’après» avant de céder sa place à son successeur. Sa première reconversion professionnelle avait été plus difficile. Scientifique de formation, ce Franc-Comtois de naissance, s’était déjà remis en question quelques années plus tôt alors qu’il était ingénieur dans la sidérurgie à Florange. Il reconnaît alors avoir traversé une période délicate. Un bilan de compétences le conforte dans son idée, la solitude d’un laboratoire n’est pas faite pour lui. Il apprend alors qu’un poste se libère au Secours Catholique de Meurthe-et-Moselle. C’est le début d’une grande aventure humaine, «une étape qui prépare la suivante» résume-t-il. Mais en 2014, la machine s’enraye de nouveau. Une petite voix intérieure lui murmure qu’il est temps de bouger.

L’homme au service de l’humain

Cette fois-ci, Stéphane Terreaux entend faire fructifier ses acquis pour se tourner vers une nouvelle expérience. Après des formations, sur le travail sur soi notamment, il devient facilitateur d’intelligence collective. Ce nouveau métier, sorte de consultant des temps modernes, replace l’humain au cœur des entreprises. Un thème qui lui est cher, qu’il a toujours mis en avant. Pour le moment, il s’est installé chez lui dans le même bureau que celui de son épouse Paule, sa complice de toujours, la mère de ses quatre enfants. C’est à ses côtés qu’il a préparé ses premiers séminaires. Mais le travail de facilitateur n’est-il pas de stimuler les idées de tous et de prendre une décision de façon collective ?