Céline Dargent, expert-comptable associée chez Sadec Akelys : «Nous sommes entrés dans la bulle de confiance du dirigeant»

«L’adaptation, la flexibilité dans l’organisation des activités prennent aujourd’hui tout leur sens», assure Céline Dargent, directrice du bureau de Nancy de Sadec Akelys.

Confinement, déconfinement, reprise d’activité, accompagnement dans la tentative de relance, décryptage et demande d’aides étatiques et autres, jamais l’expert-comptable n’aura autant rempli son rôle de conseil voire de confident du chef d’entreprise. C’est ce que Céline Dargent, expert-comptable associée chez Sadec Akelys et directrice du bureau de Nancy ressent encore aujourd’hui dans cette période toujours troublée.

Les Tablettes Lorraines : Comment vous êtes-vous adaptés depuis le début de la crise sanitaire en mars dernier ?

Céline Dargent : Il a fallu être réactif rapidement ! Le confinement a été subi et compliqué, mais toutes nos équipes ont été disponibles pour continuer à opérer l’accompagnement de nos clients. Ces derniers ont été appelés un par un par nos collaborateurs. Un travail important a été opéré sur l’écoute des dirigeants. À certains moments, nous n’étions pas loin d’un véritable travail de psy. Cette crise sanitaire nous a fait entrer encore plus dans la bulle de confiance du dirigeant d’entreprise.

Quelles ont été vos premières priorités ?

Prendre des nouvelles rapidement de chaque client ! Le conseil n’est pas universel, c’est du cas par cas. Tout le monde était un peu perdu au départ avec une floraison de textes et d’amendements. Le matin il y avait un ordre, l’après-midi un contrordre et au final c’était totalement le désordre. Au niveau du groupe, et j’ai la chance d’avoir la force de ce groupe, nous avons mis en place rapidement un onglet «Covid-19 – Infos» sur notre site internet. Les informations financières, fiscales, juridiques, gouvernementales ou encore tout ce qui concerne la gestion sociale, sont mises à jour à l’instant T pour permettre de faire face à la situation et d’apporter les meilleures réponses aux problèmes présents.

La situation économique de bon nombre de secteurs d’activité est plus qu’inquiétante, quel est votre rôle aujourd’hui ?

Tout d’abord, il faut continuer à rassurer. Rebooster les gens fait partie de notre métier. Nous apportons un soutien moral. La situation est délicate mais le rebond et la poursuite d’activité sont loin d’être impossibles. Cette période nous démontre qu’aujourd’hui tout un chacun doit faire preuve de résilience. L’adaptation, la flexibilité dans l’organisation des activités prennent aujourd’hui tout leur sens. Le dirigeant d’aujourd’hui, et encore plus celui de demain, doit avoir cette capacité à s’adapter.

Et au niveau des différentes aides étatiques dont peuvent bénéficier les entreprises, comment êtes-vous intervenus ?

Nous avons fait le point avec chaque client sur les aides dont ils pouvaient bénéficier. Les aides de la région, les différents fonds de solidarité et naturellement les PGE (Prêt garanti par l’État). Sur ce dernier point, bon nombre savaient qu’ils pouvaient le rembourser, d’autres ont dû se voir élaborer un plan de charges. Le plus délicat a été la gestion de la complexité pour monter les dossiers d’aides. Même en étant du métier, nos équipes pouvaient passer plusieurs heures à monter les dossiers.

Le plan de relance mis en œuvre par le gouvernement flèche bon nombre de mesures de soutien aux entreprises et aux salariés, comment l’appréhendez-vous ?

Les mesures sont nombreuses et là encore nous devons rendre quelque chose de complexe, le plus clair possible pour nos clients. Nous sommes en veille permanente sur l’évolution de la fiscalité des entreprises ou encore leur financement. Les aides sont présentes mais un accompagnement est nécessaire pour avoir un dossier optimal pour les demander et surtout en bénéficier.

Votre cabinet est une entreprise comme les autres, comment faites-vous face en interne ?

Nous avons les mêmes problématiques que n’importe quelle structure. Le confinement a entraîné la mise en œuvre du télétravail. Le fait d’appartenir à un groupe structuré a permis d’avoir les outils au bon moment. Reste que manager des équipes à distance demeure toujours très délicat.

La force du groupe

«J’ai la chance d’être dans un groupe structuré, la gestion et le traitement de l’information législative mouvante ont été plus que facilités.» Céline Dargent sait pertinemment que la force du groupe a permis à ses équipes de son bureau de Nancy d’avoir à l’instant T les bonnes informations, histoire d’apporter les solutions adaptées à chaque client. «C’est du cas par cas, il n’y a pas de conseil universel. L’adaptation est différente pour chaque client.» Sadec Akelys est aujourd’hui présent dans une vingtaine de sites dans le Nord et le Grand Est avec près de 400 collaborateurs et près de 10 500 entreprises et associations en portefeuille.