Bilan du second trimestre : toujours pas d’envolée du nombre des défaillances d’entreprises

Le nombre des défaillances d’entreprises en France au second trimestre 2021 est resté très bas. Les TPE, le bâtiment, l’Île-de-France et la PACA sont toutefois plus affectés que les autres secteurs et régions.

Le mouvement de forte baisse des défaillances d’entreprises, enregistrée en 2020 en raison du vaste dispositif d’aides octroyées par le gouvernement, commence à céder le pas.
Le mouvement de forte baisse des défaillances d’entreprises, enregistrée en 2020 en raison du vaste dispositif d’aides octroyées par le gouvernement, commence à céder le pas.

Avec 6 587 procédures collectives ouvertes ce deuxième trimestre, «le nombre de défaillances d’entreprises reste paradoxalement bas», estime le groupe Altares, spécialisé dans l’information sur les entreprises, qui a dévoilé ces chiffres début juillet. Il demeure en effet «deux fois inférieur au niveau d’avant Covid.» Mais le mouvement de forte baisse, enregistrée en 2020 en raison du vaste dispositif d’aides octroyées par le gouvernement, commence à céder le pas.


Trois procédures sur quatre aboutissent à une liquidation directe

Autre constat : le taux de liquidations judiciaires directes reste élevé. Sur les 165 procédures de sauvegarde ouvertes au cours du second trimestre, 1 495 entreprises ont été placées en redressement judiciaire et 4 927 ont fait l’objet d’une liquidation judiciaire directe. Soit un taux de liquidation directe de 75 %, contre 68 % habituellement, ce qui signifie que les entreprises se présentent au tribunal dans une situation de grande fragilité. Près de neuf procédures collectives sur dix concernent des très petites entreprises, de moins de six salariés. Pour mémoire, la défaillance d’entreprise correspond à l’ouverture d’une procédure collective (sauvegarde, redressement judiciaire ou liquidation judiciaire directe), et elle ne prend pas en compte l’ouverture d’une procédure amiable (mandat ad hoc ou conciliation) ou les suites d’ouverture d’une procédure collective (arrêt de plan ou conversion en liquidation).


Le bâtiment et les transports plus durement touchés

Si le nombre de défaillances est reparti à la hausse par rapport à 2020, il reste néanmoins très en deçà de ses valeurs de 2019 dans tous les secteurs d’activité. C’est le bâtiment qui enregistre la plus forte augmentation des défaillances, en particulier dans le gros œuvre (+ 50 %) et la construction de maisons individuelles (+ 88 %). Le secteur des transports et de la logistique a également affiché une forte hausse (de près de 30 %), portée, notamment, par la baisse d’activité et les défaillances de chauffeurs de taxi. Le commerce présente des évolutions très variables en fonction des activités : la vente, l’entretien et la réparation automobiles et les supermarchés et grandes surfaces d’alimentation générale sont ainsi nettement plus touchés que les magasins de bricolage et d’équipement de la maison, ceux de sport et de loisirs, ou encore d’habillement. L’hôtellerie, la restauration et les services aux particuliers (et notamment la coiffure et les soins de beauté) continuent d’enregistrer un niveau de défaillances très bas, alors que le nombre de procédures a fortement augmenté dans le secteur de l’agriculture, où plusieurs activités ont déjà retrouvé les niveaux de défaillances de 2019.


Les régions Île-de-France et PACA plus affectées

Les régions dans lesquelles la hausse des défaillances d’entreprises est la plus forte sont l’Île-de-France (+ 37,3 %, et en particulier à Paris) et la Provence-Alpes-Côte-d’Azur (+ 36,9 %, et plus particulièrement le département des Alpes-Maritimes). Viennent ensuite l’Auvergne-Rhône-Alpes, le Centre-Val de Loire, les Pays de la Loire, la Corse et la région Grand Est. La hausse des défaillances est en revanche très contenue en Nouvelle Aquitaine, en Occitanie et en Bourgogne-Franche-Comté. Enfin, le recul du nombre de procédures collectives au second trimestre reste très sensible en Normandie (- 24 %), en Bretagne (- 21 %) et, dans une moindre mesure, dans les Hauts-de-France (- 11 %).

                                                                                                                                                    Miren LARTIGUE