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Demain, la révolution du commerce ?

Mondes immersifs, blockchain, NFT… Loin de relever de la science-fiction, ces technologies donnent naissance à des pratiques qui seront celles du commerce de demain, d'après les experts.

De nouvelles pratiques augurent du commerce de demain.
De nouvelles pratiques augurent du commerce de demain.

En dépit des spectaculaires crash boursiers, cryptomonnaies et NFT vont structurer le commerce de demain, d'après les experts de l’Échangeur BNP Paribas Personal Finance, cellule de veille dédiée au commerce. Le 30 juin, lors d'une conférence en ligne, Nicolas Diacono, analyste, et Guillaume Rio, responsable tendances technologiques, à l’Échangeur, présentaient les résultats de l'étude annuelle «Commerce reloaded». Parmi les thèmes traités, celui du commerce à l'heure du Web 3.0. Ce dernier conjugue plusieurs tendances technologiques déjà opérationnelles. Celle des univers immersifs (les «métavers»). Celle des cryptomonnaies, ces monnaies numériques émises de pair à pair . Et enfin, celle de la blockchain, technologie de stockage et de transmission d'informations. D'après l'étude, les bases d'une révolution sont déjà posées. Les jeunes (moins de 25 ans) sont fin prêts pour le métavers : déjà, 80 % d'entre eux fréquentent des plateformes de «gaming». Ces dernières sont des lieux d'interactions sociales et de commerce. Ainsi, le marché des «skins» - vêtements pour avatar - pèse 40 milliards de dollars. Les cryptomonnaies commencent à se diffuser : 5 % des Français en possèdent et 10 % des Espagnols. D'après les experts, ce nouveau Web 3.0 devrait se structurer autour de la blockchain et des NFT, Non Fungible Token.

Bouteille de Cognac «tokenisée»

Ces derniers sont composés d'un jeton cryptographique qui représente un objet (souvent numérique), auquel est rattaché une identité numérique (reliée à au moins un propriétaire). L'ensemble est stocké et authentifié dans le cadre des blockchains. Il est également possible d'intégrer des cryptomonnaies dans son wallet et de réaliser l'ensemble de la transaction de la sorte. Le même dispositif peut être imaginé pour accéder à un service financier ; un accès ponctuel à des informations personnelles peut alors être autorisé au prestataire concerné. Des marques pionnières, très diverses, ont déjà commencé à explorer les différentes possibilités de ce «Web 3».Exemple avec Décathlon. En avril dernier, le distributeur a fait le buzz en mettant sur le marché une série limitée à 2 008 exemplaires de chaussures pour joueurs de Street Football. L'opération était menée avec Séan Garnier, champion du monde de la discipline, que l'acquéreur des chaussures pouvait rencontrer dans un espace virtuel. Autre exemple, plus opérationnel, chez Alfa Romeo. L'entreprise exploite le potentiel d 'authentification et de traçabilité des NTF dans la gestion du carnet d'entretien du véhicule. Autre avantage, pour la marque : avertie de la transaction, elle peut avancer une nouvelle proposition commerciale... LVMH a fait un autre usage encore de ces technologies nouvelles : la «tokenisation des objets réels.» Le groupe de luxe a «tokenisé» des bouteilles de cognac, vendues sous forme de jeton numérique. Il s'agit en fait d'un placement financier, la bouteille en verre et son précieux liquide restant conservés dans un coffre-fort. D'autres expérimentations encore sont menées dans les mondes immersifs. Pour l'essentiel, elles relèvent d'une tentative de toucher les jeunes de manière ludique. Toutefois, des pratiques nouvelles s'esquissent : Alpine a réalisé des doubles numériques de ses voitures, utilisables dans les jeux en ligne. Acheter un vêtement pour son avatar, afin de se rendre à un entretien d'embauche qui se déroule dans un monde immersif, et commander en même temps le même vêtement, en version matérielle : la transaction peut se dérouler dans un monde immersif ou une boutique physique, toujours avec un NFT… En dépit de l'exemple précurseur de la Corée du Sud, les obstacles ne manquent pas au déploiement massif de ce commerce de demain. À commencer par la pluralité des mondes immersifs, jeux vidéo, Gafam et les nouveaux qui arrivent via la blockchain.