Le marché français du jeu vidéo a enregistré une croissance record en 2020

Écosystème structuré et actif, ancré dans l’innovation, doté d’une filière de formation d’excellence et bénéficiant du soutien des pouvoirs publics exceptionnel en 2020, le marché français du jeu vidéo est en grande forme dans l’Hexagone.

En crise au début des années 2000, l’industrie française du jeu vidéo est aujourd’hui l’une des plus dynamiques en Europe et dans le monde.
En crise au début des années 2000, l’industrie française du jeu vidéo est aujourd’hui l’une des plus dynamiques en Europe et dans le monde.

Les résultats du bilan annuel publié par le SELL, le principal syndicat des éditeurs du secteur, sont sans appel : le marché français du jeu vidéo se porte bien, et même très bien. Alors que la filière avait enregistré un léger repli en 2019, elle a généré en 2020 un chiffre d’affaires record de 5,3 milliards d’euros, en hausse de 11,3 % par rapport à l’année précédente. Un résultat exceptionnel qui s’explique notamment par le fait que les jeux vidéo ont permis de s’occuper et de «s’évader» dans un contexte sanitaire inédit.


Une industrie des plus dynamiques

Mais ce succès tient également au fait que l’industrie française du jeu vidéo, en crise au début des années 2000, «est aujourd’hui l’une des plus dynamiques en Europe et dans le monde», souligne une étude(*) publiée en mars dernier par la Direction générale des entreprises du ministère de l’Économie et des Finances. Troisième producteur européen de jeux vidéo, la filière française peut se prévaloir de nombreux atouts dans un environnement fortement concurrentiel : «un écosystème structuré et actif», dont un leader mondial, Ubisoft, «un cœur industriel», composé de studios, éditeurs et distributeurs qui ne représentaient pas moins de 11 900 emplois en 2018, et «des écoles de formation ayant une excellente réputation internationale.» Le secteur bénéficie par ailleurs de plusieurs dispositifs de soutien des pouvoirs publics, dont le crédit d’impôt jeu vidéo et le fonds d’aide au jeu vidéo, qui ont «un impact positif pour la création de propriété intellectuelle, pour l’emploi et comme levier financier.»


Des atouts pour continuer à se développer

L’étude, qui va servir de base à l’élaboration par les pouvoirs publics d’une feuille de route pour asseoir la compétitivité et l’attractivité de la filière française du jeu vidéo, met en avant les atouts dont dispose cette industrie pour continuer à se développer. À commencer par la grande capacité de production des studios (+ 118 %, en 10 ans), «qui repose sur un juste équilibre entre innovation technologique et création artistique», et la qualité du système français de formation au jeu vidéo, qui compte plus de 130 organismes dont des écoles renommées. Autre force de cette industrie : «le secteur est ancré dans l’innovation tant par ses processus créatifs que par ses modèles de commercialisation : l’intelligence artificielle et la réalité étendue [augmentée et virtuelle] ont des cas d’usage concrets et un potentiel d’exploitation future important», souligne l’étude. Actuellement, en dépit d’une forte concurrence internationale, «plus de 10% des jeux vendus en France sont produits par des entreprises implantées en France.»


Un marché porté par l’engouement des femmes

Selon les chiffres du SELL, Syndicat des éditeurs de logiciels de loisirs, le marché des consoles de jeu (qui représente la moitié de parts de marché) a enregistré une croissance de 10 % en 2020, quand celui du PC Gaming (ordinateur doté d’une carte graphique haut de gamme) a crû de 9 %, et celui du mobile (jeux vidéo pour smartphones et tablettes) de 16 %. Autre enseignement de ce bilan 2020 : si les femmes restent très minoritaires dans les métiers des jeux vidéo, où les hommes représentent 84 % des salariés à des postes exécutifs, leur nombre ne cesse d’augmenter parmi les gamers. Mais l’arrivée des femmes dans certains cercles de jeu peut parfois donner lieu à des dérives dont les médias ce sont fait l’écho ces derniers mois. Obligeant les acteurs du marché à déployer des outils de modération, voire des plateformes de jeu réservées aux femmes, pour qu’elles puissent jouer sereinement, sans crainte d’être importunées.

(*) «L’industrie du jeu vidéo en France : tissu économique et compétitivité», PIPAME, mars 2021.

                                                                                                                                                       Miren LARTIGUE