Conjoncture

Le troisième confinement exaspère les organisations patronales

Les mesures de restrictions sanitaires annoncées par le Premier ministre, Jean Castex, aboutissent finalement à la fermeture de quelque 90 000 commerces. Le dispositif a fait l'unanimité contre lui, parmi les organisations patronales.

Les nouvelles mesures prises par le gouvernement dans 16 départements de l’Hexagone ne passent pas auprès des organisations patronales.
Les nouvelles mesures prises par le gouvernement dans 16 départements de l’Hexagone ne passent pas auprès des organisations patronales.

Les fleuristes, libraires, chocolatiers, auto-écoles (pour les cours de conduite...).La liste des commerces autorisés à ouvrir s'est considérablement allongée, par rapport au premier confinement de 2020. Néanmoins, suite à l'annonce du troisième confinement par Jean Castex, Premier ministre, depuis le 20 mars, ce sont environ 90 000 commerces qui ont dû fermer leurs portes. La mesure concerne 16 départements : en régions Île-de-France (8) et Hauts-de-France (5), ainsi que les Alpes-Maritimes, et les deux départements normands de la Seine-Maritime et l’Eure.Suite à l'annonce, Bercy a précisé les dispositifs d'aides dont bénéficieront ces commerces. Tout d'abord, le fonds de solidarité, avec un droit d'option pouvant aller jusqu'à 10 000 euros par mois ou 20 % du chiffre d'affaires, plafonné à 200 000 euros. Les entreprises dont le chiffre d'affaires est supérieur à un million d'euros par mois auront droit au dispositif de prise en charge des coûts fixes à hauteur de 70 % lorsqu'elles comptent plus de 50 salariés, et à hauteur de 90 %, pour celles en deçà de cet effectif. Par ailleurs, l'activité partielle sera prise en charge à 100 % par l'État et les entreprises exonérées de cotisations sociales. Bercy examine, cette semaine, la réponse à apporter aux stocks d'invendus pour les magasins de prêt-à-porter, notamment.Le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire a également annoncé, ce lundi 22 mars, sur RTL, une prise en charge intégrale des frais fixes (comme les loyers) pour les entreprises qui ont repris un fonds de commerce en 2020, «ont fait des investissements», mais «n'ont toujours pas rouvert», et ne peuvent donc justifier d'un chiffre d'affaires (réalisé avant la crise) ouvrant droit à une aide.

«Acharnement»

Rien de cela n'a été de nature à apaiser les organisations patronales, qui, unanimes, ont critiqué la mesure, dont la pertinence sanitaire est fortement questionnée. Ainsi, Jacques Creyssel, délégué général de la FCD, Fédération du commerce et de la distribution, s'insurge contre la distinction entre commerces essentiels et non essentiels. La CPME, Confédération des petites et moyennes entreprises, elle, juge «particulièrement regrettable que les commerçants déjà plus que fragilisés par l’année qu’ils viennent de vivre se retrouvent, de facto, montrés du doigt alors qu’ils ont été astreints à des protocoles sanitaires stricts» et souligne la «véritable impréparation» que dénote l'annonce.Dans le même sens, «on a du mal à comprendre cet acharnement sur les commerces, alors qu'énormément d'efforts ont été faits sur le plan sanitaire», a déclaré Geoffroy Roux de Bézieux, président du Medef, sur Europe 1, après l'annonce de Jean Castex. Quant à l’U2P, Union des entreprises de proximité, elle s'estime «obligée de constater qu’aucuneleçon n’a été tirée de 12 mois de crise sanitaire et économique» et dénonce un «manque de concertation» avec les professions concernées.