Les ventes et cessions de fonds de commerce sont reparties à la hausse en 2021

Après plusieurs années consécutives de baisse, le nombre des ventes et cessions d’entreprises a augmenté en 2021 en France, sans pour autant retrouver le niveau d’avant la crise sanitaire. Et le prix moyen de rachat a atteint un montant record.

Seul un quart des rachats de fonds de commerce ont eu lieu dans les bourgs et villages de moins de 3 000 habitants en 2021, la majorité est réalisée en zone urbaine.
Seul un quart des rachats de fonds de commerce ont eu lieu dans les bourgs et villages de moins de 3 000 habitants en 2021, la majorité est réalisée en zone urbaine.

Selon les données récemment publiées par le groupe Altares, 27 756 ventes et cessions d’entreprises ont été enregistrées en 2021, soit une hausse de 9,6 % du nombre des transactions sur un an, après une baisse de 10,5 % en 2020. Cette reprise vient inverser la tendance baissière enregistrée depuis plusieurs années et aggravée par la crise sanitaire. Le nombre de transactions demeure toutefois inférieur à celui de 2019. «Si la crise sanitaire s’est dissipée au fil de l’année, les incertitudes - liées notamment aux effets des variants Covid - n’ont pas permis de desserrer complètement l’étau», juge le spécialiste de l’information sur les entreprises, Altares, dans son étude.


Rebond dans tous les secteurs, excepté la restauration

Alors que la reprise des transactions est générale, le secteur de l’hébergement-restauration - un secteur-clé habituellement moteur du marché de la transmission d’entreprises - est le seul à avoir vu le nombre des cessions de fonds de commerce baisser en France, en 2021. Si les transactions ont été nombreuses dans la restauration rapide (+ 4,1 %), elles ont en revanche enregistré un fort recul dans la restauration à table (- 15,8 %) et les cafés (- 10,3 %). Reste que, même si le volume des rachats a baissé l’an passé, la restauration traditionnelle est restée en tête des activités où les échanges de fonds de commerce ont été les plus nombreux en 2021, devant la restauration rapide, les débits de boisson, la boulangerie-pâtisserie, la coiffure, les garages auto, le commerce d’alimentation générale, la pharmacie, les buralistes et les boucheries.


Seulement un quart des transactions concerne les petites villes rurales

Seul un quart des rachats de fonds de commerce ont eu lieu dans les bourgs et villages de moins de 3 000 habitants en 2021, alors que ces derniers représentent 90 % des communes françaises. Ces transmissions constituent pourtant «un enjeu essentiel pour la vitalité d’une petite ville ou d’un village», pointe le directeur des études d’Altares, Thierry Million, car «faute de repreneur, ce sont les commerces de proximité - boulangeries, épiceries, cafés-restaurants, pharmacies, coiffeurs ou buralistes - qui baissent le rideau dans de nombreux territoires ruraux.»


Un rachat sur cinq conclu dans l’une des 50 plus grandes villes

Dix pour cent des cessions de fonds de commerce ont eu lieu dans l’une des cinq plus grandes villes françaises et 20 % dans l’une des cinquante plus grandes. Paris arrive en tête en nombre de transactions enregistrées en 2021, devant Marseille, Lyon, Toulouse et Nice. À l’échelle régionale, l’Île-de-France a affiché le plus grand nombre d’opérations, suivie par l’Auvergne-Rhône-Alpes, l’Occitanie, la Provence-Alpes-Côte-d’Azur et la Nouvelle-Aquitaine.


Un prix moyen de cession record

Le prix de vente moyen des fonds de commerce, qui enregistre une hausse continue depuis cinq ans, a dépassé le seuil des 200 000 euros en 2021 (200 713), alors qu’il était inférieur à 180 000 en 2017. Ce sont les pharmacies qui atteignent le prix de vente moyen le plus élevé, à plus d’un million d’euros, devant les supermarchés (proche de 500 000 euros), les hôtels (332 000), les commerces de véhicules automobiles (320 000), les bureaux de tabac (296 000), les commerces de journaux et de papeterie (257 000), ou encore les magasins d’optique (224 000), les débits de boissons (217 000), les boulangeries et pâtisseries (215 000) ou la restauration traditionnelle (170 000). C’est en Île-de-France que le prix de vente moyen est le plus élevé (245 000, en léger recul de 3,1%), devant les Pays-de-la-Loire (212 000), les Hauts-de-France et la Provence-Alpes-Côte-d’Azur (209 00) et la Bretagne (200 000).

Miren LARTIGUE