Conjoncture

Moins d’entrepreneurs au chômage en 2021

En 2021, 28 835 dirigeants ont perdu leur emploi suite à la liquidation judiciaire de leur entreprise. Ce chiffre est en recul de 13,1 % par rapport à 2020, un niveau historiquement bas, grâce notamment aux mesures gouvernementales visant à soutenir les entreprises et atténuer les effets de la crise sanitaire et économique.

La 6e édition de l’Observatoire de l’emploi des entrepreneurs confirme le recul significatif du chômage des chefs d’entreprise en 2021.
La 6e édition de l’Observatoire de l’emploi des entrepreneurs confirme le recul significatif du chômage des chefs d’entreprise en 2021.

La 6e édition de l’Observatoire de l’emploi des entrepreneurs, publiée le 15 mars dernier par l’association GSC (assurance chômage pour les indépendants) et la société Altares, spécialisée dans l’information sur les entreprises, confirme le recul significatif du chômage des chefs d’entreprise en 2021 : il a atteint son niveau le plus faible depuis 35 ans, d’après l’observatoire. Cependant, les dirigeants ne sont pas impactés de la même manière. Selon les informations dévoilées, le rebond sera particulièrement difficile pour les seniors : en 2021, plus d’un tiers des dirigeants touchés par la crise économique étaient âgés de plus de 50 ans (10 655 dirigeants). Mais, les mises en liquidation judiciaire ont surtout concerné les jeunes chefs d’entreprise, de moins de 26 ans : 706 se sont retrouvés sans emploi, soit 49,9 % de plus qu’en 2020, la plus forte augmentation sur l’année 2021. À noter, l’âge médian des dirigeants impactés est de 47,5 ans.


Tous les profils concernés

L’Observatoire précise que tous les dirigeants sont touchés par la crise, et ce, quels que soient la taille, le chiffre d’affaires ou la forme juridique de leur structure. Néanmoins, les gérants de TPE de moins de trois salariés constituent plus des trois quarts des pertes d’emploi constatées en 2021. Au niveau du statut juridique, les pertes d’activité ont davantage touché les gérants de SARL (12 766 dirigeants). Ce chiffre est cependant en baisse de 19,5% par rapport à 2020. Certains secteurs ont davantage souffert de la crise. La construction et le commerce concentrent ainsi près de la moitié des pertes d’emploi des entrepreneurs, avec respectivement 6 732 et 5 906 pertes, en dépit d’un fléchissement de 6,2 % et 16,3 %. Dans le secteur du bâtiment, ce sont près de 6 000 dirigeants qui se sont retrouvés au chômage en 2021. Et aussi quelque 4 000 entrepreneurs des services aux entreprises. En revanche, particulièrement exposé, mais aidé par l’État, le secteur de l’hébergement- restauration et des débits de boisson a résisté et affiché un net repli, de 39,2 %. Les entrepreneurs du secteur agricole sont ceux ayant connu le plus de difficultés. En effet, 646 professionnels ont perdu leur activité l’an passé, soit une hausse de 16,8 % par rapport à 2020, en particulier les éleveurs (+ 29,4 %), confrontés notamment à la hausse des prix de la nourriture pour le bétail. Le secteur agricole ainsi que les activités d’assurance et financières sont les seuls domaines où le chômage des dirigeants a progressé (+ 12,2 % et + 16,8 % respectivement par rapport à 2020). Toutefois, les emplois perdus dans ces deux secteurs correspondent à moins de 3,5 % du total.


Une baisse à l’échelle nationale

D’après l’étude, la baisse du nombre d’entrepreneurs en situation de chômage s’observe dans l’ensemble des régions. L’Île -de-France, Auvergne-Rhône-Alpes et PACA représentent près de la moitié des pertes d’emploi. À elle seule, l’Île-de-France, principale région économique de l’Hexagone, en concentre près du quart, avec 6 578 dirigeants concernés. L’emploi des entrepreneurs affiche de meilleurs chiffres, mais le contexte actuel de la guerre en Ukraine pourrait amener la situation à se dégrader au cours de cette année, en mettant en lumière d’autres points de vulnérabilité. «Les chefs d’entreprise devront faire face à de nouvelles menaces, conséquences de la guerre en Ukraine et il convient d’être particulièrement prudent pour l’avenir», met en garde Anthony Streicher, président de l’association GSC.

A.B. et B.L