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Conjoncture

Les réseaux d'entrepreneurs tentent de se réinventer

Afterworks, petits-déjeuners thématiques, événementiels en tous genres, webconférences, l’écosystème des clubs et réseaux dans la région apparaît avoir retrouvé un rythme classique avec, pour certains, une certaine adaptation des formules, histoire d’être dans l’ère du temps. Derrière cette normalité de façade, la phase de reconquête entamée il y a deux ans suite à la crise sanitaire semble se poursuivre voire s’éterniser.

 À la phase de reconquête d’une certaine légitimité entamée l’an passé, l’écosystème des clubs et réseaux d’entreprises tente de mettre tout en œuvre pour réellement se réinventer.
À la phase de reconquête d’une certaine légitimité entamée l’an passé, l’écosystème des clubs et réseaux d’entreprises tente de mettre tout en œuvre pour réellement se réinventer.

«Depuis la fin de l’année dernière, nous enregistrons de nouvelles adhésions surtout du fait de la cooptation et du bouche-à-oreille mais les choses se font pas à pas !» C’était en avril dernier à l’occasion de l’assemblée générale d’un club d’entrepreneurs nancéiens historiquement bien ancré dans le paysage. Son président sait pertinemment que la phase de reconquête engagée à la sortie de près de deux ans de crise sanitaire est loin d’être terminée. L’artillerie lourde est sortie par certains aux moyens financiers plus importants que les autres, histoire de tenter de capter de nouveaux adhérents.

«Le monde de l’entrepreneuriat est en mouvement perpétuel. Les aspirations des entrepreneurs évoluent et les modèles d’hier notamment en termes de choix des thématiques à aborder ne sont plus les mêmes. Après les périodes de résilience, d’adaptation, il faut aujourd’hui que les clubs et réseaux d’entrepreneurs commencent réellement à se réinventer», assure un observateur du monde académique. Se réinventer ? La question est quasi philosophique pour bon nombre de responsable de structures et d’organisation. Échange, partage, mise en commun de bonnes pratiques demeurent toujours les arguments phares mis en avant par les promoteurs de ces organisations. «L’aspect captation d’adhérents et réseautage pur et dur demeurent toujours une de nos principales priorités», confie une responsable d’un réseau d’accompagnement de créateurs d’entreprises.

Appétence pour la résilience

Les réseaux et clubs historiques présents quasiment depuis toujours continuent, vaille que vaille, cette adaptation nécessaire aux besoins réels des entrepreneurs de leur territoire. «Le climat est loin d’être propice, nous nous retrouvons souvent autour des thématiques de problématiques communes. L’exemple typique a été lors de la flambée des prix de l’énergie, des questions que l’on n’abordait pas franchement auparavant. Aujourd’hui, il est indispensable d’offrir à nos adhérents des solutions pratico-pratiques pour qu’ils continuent au mieux leur développement, au pire pour que leur activité ne fasse pas le grand plongeon.» Les branches «réseautage» des syndicat patronaux de la région l’ont bien compris. 

Elles multiplient les rencontres ciblées sur des thématiques avec une forte appétence pour la notion de résilience. «Il y a des termes comme celui-ci qui font effet aujourd’hui et qui provoquent une adhésion quasi naturelle autour d’eux», explique un responsable de clubs. Le tout avec une volonté affirmée (il faut juste voir réellement dans la pratique) d’accompagnement et de soutien réel des adhérents. «Certains réseaux ont perdu en légitimité et ils continuent aujourd’hui à tenter de relancer leur dynamique. Ils tentent de changer de modèle, d’approche mais quand on y regarde bien au final, ce sont souvent les mêmes formules qui sont utilisées avec des évolutions de façade», continue un ancien membre de réseaux aujourd’hui plus tourné vers les communautés virtuelles et groupes de dialogue. L’adage, «c’est dans les vieux pots que l’on fait la meilleure soupe» aurait-il vécu ?

Des nationaux à la sauce locale

On dirait du local mais en fait c’est juste une stratégie nationale dupliquée sur les territoires sans prendre réellement en compte leurs spécificités ! Depuis quelques temps, plusieurs «franchises» de réseaux tentent de tisser leur toile à l’échelle locale avec plus ou moins de succès. La tendance n’est pas nouvelle et certains s’y sont déjà cassé les dents. Elle apparaît s’être accentuée après la sortie de la crise sanitaire. Dans la région, de nouveaux entrants ont gagné le paysage de l’écosystème des réseaux et clubs d’entrepreneurs. Ce maillage territorial s’apparente plus à une conquête de marchés où la concurrence entre les réseaux historiques locaux et ces nouveaux arrivés ne fait que s’accentuer.